France - La mobilisation diminue

Paris — La contestation de la réforme des retraites en France a souffert hier d'un essoufflement prévisible, mais les syndicats n'en ont pas moins réaffirmé leur détermination à poursuivre la lutte contre un texte à l'origine d'un automne social agité.

Combiné aux vacances de la Toussaint, le vote, mercredi par le Parlement, de la loi qui repousse à 62 ans l'âge légal de la retraite a pesé sur la densité des cortèges et la participation aux grèves.

Les différentes manifestations à travers la France ont rassemblé près de deux millions de personnes réparties en 270 cortèges, selon la CGT. Le ministère de l'Intérieur a dénombré pour sa part 560 000 manifestants.

Ces chiffres sont les plus faibles depuis le début de la fronde contre une réforme présentée comme indispensable par le gouvernement et injuste par l'opposition et les syndicats.

Pour la CGT, qui appelle, comme la gauche, le chef de l'État à ne pas promulguer la loi, le gouvernement doit entendre l'appel au dialogue lancé de la rue.

«C'est un cinglant démenti pour tous ceux qui annonçaient un simple baroud d'honneur de salariés résignés», estime le premier syndicat de France dans un communiqué.

Il est peu probable, cependant, que Le chef de l'État renonce à promulguer une loi dont il entend faire l'un des symboles de son quinquennat, comme l'a rappelé hier Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP.

«La réforme des retraites sera mise au crédit du bilan de Nicolas Sarkozy, a estimé ce dernier sur RFI. Cette loi sera appliquée dès le 1er janvier prochain.»