France - Les syndicats appellent à deux nouvelles journées d'action

À Lyon hier, il n’y a pas eu seulement les étudiants qui ont dû en découdre avec les forces de l’ordre.<br />
Photo: Agence Reuters Roberto Pratta À Lyon hier, il n’y a pas eu seulement les étudiants qui ont dû en découdre avec les forces de l’ordre.

Paris — Pendant que le gouvernement continue à utiliser la force pour débloquer les dépôts de carburant dans l'espoir de ramener la situation à la normale, les syndicats français ont appelé hier à deux nouvelles journées d'action contre la réforme des retraites dans les 15 jours à venir.

Déterminés à poursuivre la contestation au-delà du vote du projet par le Sénat attendu cette semaine, les syndicats ont décidé de mener des journées d'action le 28 octobre (grèves et manifestations) et le 6 novembre (manifestations seules). «Fortes du soutien des salariés, des jeunes et d'une majorité de la population et face à une attitude intransigeante du gouvernement et du chef de l'État, les organisations syndicales décident de continuer et d'élargir la mobilisation», ont-ils indiqué dans une motion commune.

Les syndicats souhaitent maintenir la mobilisation dans la rue, qui atteint depuis plusieurs semaines des niveaux élevés, voire records. Mardi, entre 1,1 et 3,5 millions de personnes (selon les sources) ont défilé pour la sixième fois depuis la rentrée contre cette réforme.

Misant de son côté sur un essoufflement du mouvement si le texte déjà voté par l'Assemblée nationale est adopté par le Sénat, le gouvernement a demandé hier aux sénateurs un «vote unique» pour accélérer les débats. Cette procédure, qui permet de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie d'un texte en discussion, permettrait de parvenir à l'adoption du projet avant le week-end.

Pendant ce temps, la mobilisation s'est maintenue dans les lycées et les raffineries. À la veille des vacances de la Toussaint, des milliers de lycéens et étudiants ont encore manifesté et plus de 300 lycées étaient «perturbés» ainsi qu'une dizaine d'universités.

Seuls quelques incidents ont eu lieu comme à Lyon avec dégradations et jets de projectiles sur les forces de l'ordre, qui ont riposté à coups de grenades lacrymogènes. Échauffourées et bousculades sont survenues sur l'île de Corse ou à Poitiers.

Parallèlement, la France est aux prises avec des risques importants de paralysie en raison de l'impact du mouvement dans le secteur énergétique: les 12 raffineries du pays sont toujours paralysées et une quinzaine de dépôts de carburant sur 219 bloqués. Plus d'un quart des 12 300 stations-service ne sont plus approvisionnées, selon le gouvernement, alors que les forces de l'ordre continuent de débloquer les dépôts occupés.

Le ministre de l'Écologie Jean-Louis Borloo a concédé hier que «des difficultés importantes persistent» et le premier ministre François Fillon tiendra une nouvelle réunion sur le sujet ce matin.

Le chef de l'État a accusé les grévistes de prendre «en otage l'économie, les entreprises et la vie quotidienne des Français». De fait, un ralentissement de l'activité a été signalé dans la restauration, le commerce de détail, le bâtiment ou le tourisme.

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Avec Reuters