Italie - Berlusconi sauve son gouvernement grâce aux dissidents de droite

Silvio Berlusconi a voulu se présenter comme un rassembleur hier au Parlement.<br />
Photo: Agence Reuters Alessandro Bianchi Silvio Berlusconi a voulu se présenter comme un rassembleur hier au Parlement.

Rome — Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, a sauvé son mandat hier lors d'un vote de confiance des députés, grâce au soutien de dissidents de sa majorité de droite, éloignant la perspective de législatives anticipées.

Les députés appelés à se prononcer sur un discours programmatique du Cavaliere ont voté la confiance par 342 voix pour (avec la majorité absolue à 309 sur 617 votants) et 275 contre.

Le chef de file des députés dissidents Italo Bocchino avait peu avant annoncé l'aval de son groupe Futur et Liberté (FLI) fort de 34 députés en affirmant avoir le sens du «devoir» et vouloir que «la législature se poursuive» jusqu'en 2013.

M. Bocchino a cependant réclamé pour FLI le droit de définir avec le parti berlusconien Peuple de la liberté (PDL) et son allié de la Ligue du Nord le contenu des projets et lois à mener à bien dans les deux années et demie à venir. Les «finiens» ont au passage annoncé la création d'un parti autonome du PDL.

Le matin, dans un discours inhabituellement modéré, M. Berlusconi avait multiplié les gestes d'apaisement, en qualifiant par exemple de «nécessaire et légitime» le débat au sein de la majorité et en reconnaissant l'importance d'un «parlement libre et fort». Au terme de son intervention, il a appelé «à la cohésion nationale», demandant à «tous les modérés et réformateurs» y compris au sein de l'opposition, de continuer de «travailler ensemble».

À aucun moment de son discours, M. Berlusconi, qui a fêté ce mercredi ses 74 ans, n'a mentionné Fini, le président de la Chambre des députés, qu'il a chassé du PDL en juillet parce qu'il ne supportait plus ses prises de distance. Le départ de Fini a privé le Cavaliere de sa majorité absolue garantie à la Chambre (316 sur 630).

Même l'opposition a noté le caractère rassembleur de son discours, après des semaines d'invectives entre les deux ex-alliés, le parti Italie des valeurs (IDV) estimant qu'il ressemblait à une «bénédiction Urbi et Orbi» du pape.

Mais l'ancien magistrat anticorruption et chef d'IDV, Antonio di Pietro, a mené une violente charge contre M. Berlusconi qu'il a qualifié d'«illusionniste sans scrupule», de «violeur de la démocratie», l'accusant de vouloir se maintenir au pouvoir uniquement pour échapper à ses ennuis judiciaires.

Dans son discours, le Cavaliere a énuméré cinq projets-clés à accomplir d'ici 2013: justice, fédéralisme, plan pour le Sud, fiscalité, sécurité.

Le fédéralisme sera une «charnière pour l'unité du pays» et bénéficiera «à toutes les régions et surtout au Sud», a-t-il assuré.

Conformément à sa ligne politique, il a promis moins d'impôts pour favoriser la recherche scientifique, les entreprises, les familles; tout cela sans alourdir l'énorme dette du pays.

Sur le dossier brûlant de la justice sur lequel de nombreuses dissensions l'opposent aux «finiens», il s'est limité à annoncer une réforme pour «réduire la durée des procès», très longue en Italie.

M. Berlusconi s'est montré consensuel aussi sur l'immigration, autre sujet de discorde avec M. Fini, se bornant à se féliciter d'une chute de 88 % des débarquements de clandestins.