Incendies de forêt - La Russie dit maîtriser la situation malgré des soupçons de censure

Les incendies de forêt continuaient de faire rage dimanche sur environ 45 000 hectares. Des tourbières continuaient également de se consumer dans la région de Moscou.
Photo: Agence Reuters Denis Sinyakov Les incendies de forêt continuaient de faire rage dimanche sur environ 45 000 hectares. Des tourbières continuaient également de se consumer dans la région de Moscou.

Moscou — Les autorités russes ont annoncé hier venir à bout des incendies, notamment près du centre nucléaire de Sarov, réaffirmant que la situation était maîtrisée alors que se faisaient jour des soupçons de censure sur la situation réelle.

Dans le même temps, un front froid attaquait la Russie par le nord-ouest, menaçant la capitale de violents orages après les incendies qui ont fait 54 morts et ravagé près d'un million d'hectares dans le pays depuis la fin juillet.

Alors que les incendies diminuent d'intensité, le premier ministre Vladimir Poutine a tancé hier les services forestiers du pays, soulignant qu'ils bénéficiaient d'un financement annuel de 500 millions d'euros.

«Ce n'est pas une petite somme. Elle aurait pu donner le résultat souhaité, mais ce n'est pas le cas», a déclaré M. Poutine, exigeant notamment qu'une solution définitive soit apportée aux feux de tourbières récurrents dans la région de Moscou.

Selon la cellule de crise de la région de Sarov, à 500 kilomètres à l'est de Moscou, les milliers de pompiers et de militaires mobilisés ces derniers jours pour empêcher la propagation du feu au centre nucléaire situé dans cette ville y ont éteint les principaux incendies de forêt. «Il n'y a pas de foyers de feu sur le territoire de Sarov. Les incendies qui persistaient au sud-est du périmètre protégé [du centre nucléaire] ont été éteints», a déclaré la cellule de crise, citée par Interfax.

Les autorités avaient annoncé dimanche avoir réussi à réduire le nombre d'incendies qui menaçaient cette ville à régime spécial, fermée aux étrangers, et dont le centre nucléaire développe des ogives militaires.

Le chef de l'agence nucléaire russe Rosatom, Sergueï Kirienko, avait répété samedi qu'il n'y avait «pas de risque nucléaire» à Sarov, tout en reconnaissant que les matériaux nucléaires du centre avaient été mis à l'abri à deux reprises ces dernières semaines, et que le centre ne serait hors de danger qu'après de «longues pluies».

Contradictions

Ces contradictions ont entretenu les soupçons en Russie sur la transparence adoptée à propos du risque nucléaire. Ces soupçons ont été renforcés ce week-end par la fermeture inopinée du site Internet de l'agence de protection des forêts, qui avait fait état d'informations alarmantes.

Cette agence, Roslesozachtchita, dépendant du ministère de l'Agriculture, avait révélé qu'au total 4000 hectares de territoires contaminés par des éléments radioactifs — dont près de 300 dans la région de Briansk près de la centrale accidentée de Tchernobyl — avaient brûlé en libérant des particules radioactives.

Les autorités russes ont démenti le risque sanitaire, réaffirmant hier que le niveau de radiation dans le pays était «normal», et depuis ce week-end le site Internet de Roslesozachtchita est inaccessible.

Un responsable de l'agence, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, a déclaré dimanche à l'AFP avoir la quasi-certitude que le site avait été fermé par les autorités russes.

Les incendies de forêt continuaient de faire rage hier sur environ 45 000 hectares. Des tourbières continuaient également de se consumer dans la région de Moscou.