Bernard Kouchner fouillé à l’aéroport Montréal-Trudeau

Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, au sommet de Montréal sur Haïti en janvier dernier.
Photo: - Le Devoir Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, au sommet de Montréal sur Haïti en janvier dernier.

Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a subi mercredi soir une fouille à l’aéroport Montréal-Trudeau qui l’a mis hors de lui, a appris Le Devoir.

Après avoir été applaudi au Forum économique international des Amériques / Conférence de Montréal où il a fait une apparition éclair, hier après-midi, le ministre français des Affaires étrangères et européennes a été soumis à une fouille en règle à l’aéroport international de Montréal.

«Ils l’ont fouillé, complètement», lance Denise Bombardier qui est tombée sur M. Kouchner dans le salon Air France de la zone internationale de l’aérogare peu après l’incident. «Il a pété les plombs. Il était tellement outré», poursuit-elle.

«Là je blaguais [alors que] lui ne blaguait pas encore. Je l’ai calmé, je dois dire. [...] Là, il me dit: “Ce sont des imbéciles”. J’ai compris que ça ne resterait pas là», relate la chroniqueuse du Devoir. «Il a continué [en disant] que c’étaient des imbéciles, que ce n’était pas de la diplomatie, mais de l’imbécillité», poursuit-elle.

M. Kouchner, qui était escorté par un agent du Service d’accueil aux visiteurs de marque, pouvait-il contourner les postes de contrôle de l’aéroport?

Les ministres étrangers ne sont plus tenus de se présenter aux différents points de fouille depuis mars, fait remarquer un employé de l’aéroport sous le couvert de l’anonymat. «Les agents de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) ont dû suivre les directives de la compagnie aérienne, Air France. La société aérienne, dans ce cas-ci Air France, peut exiger de faire la fouille de ses passagers», soutient-il. «Le ministre était contrarié», ajoute-t-il.

Le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, Abdou Diouf, qui avait reçu un accueil cavalier, en mai 2006, à l’aéroport Lester B. Pearson de Toronto était aussi présent, hier soir, à l’aéroport Montréal-Trudeau. Étrange coïncidence. Les agents canadiens ne l’ont pas fouillé, «cette fois-ci», a fait savoir le diplomate de haut rang à Denise Bombardier.

L’ambassadeur de France au Canada, François Delattre, qui accompagnait Bernard Kouchner tout au long de son passage de moins de 10 heures au Canada hier, aurait été témoin de la dispute entre son patron et les agents. Par contre, il se refusait aujourd’hui à tout commentaire, s’en remettant au Quai D’Orsay.

Au cabinet du ministre Bernard Kouchner, on atténue la portée de la fouille effectuée. «Apparemment, il a été fouillé comme tous les ministres. Apparemment, c’est la procédure habituelle. Il n’y a pas eu de souci. Pour nous, c’est un non-sujet», a assuré Aurélia Du Vignau au Devoir. «Mais, vous savez [M. Kouchner] est un homme entier», a-t-elle ajouté.

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