«L'euro n'est pas en danger»

Paris — La ministre française de l'Économie, Christine Lagarde, estime qu'il faut «finaliser très vite» la structure juridique du Fonds de stabilisation européen créé la semaine dernière pour venir en aide à la Grèce, tout en jugeant que «l'euro n'est pas en danger» dans un entretien paraissant aujourd'hui dans France-Soir.

«Chaque État de la zone euro doit demander à son Parlement de l'autoriser à garantir ce fonds dans les plus brefs délais. L'Allemagne a d'ailleurs commencé. Moi, je présenterai le projet de loi correspondant au prochain Conseil des ministres, et il sera soumis au Parlement avant la fin du mois de mai», dit-elle.

La ministre française a dit qu'elle pouvait «très bien comprendre les réticences de certains — dont celles de nos amis allemands — devant le cas grec et l'importance de l'aide à apporter à ce pays. Quand on voit la donne, on se dit au départ: pourquoi faut-il qu'on se "mouille" tous pour les Grecs? La réponse, en réalité, est simple: au travers des Grecs, on se "mouille" pour notre monnaie à tous et on fait la démonstration qu'on est prêts à faire ce qu'il faut pour la défense du bien commun».

Se disant favorable à «un gouvernement économique de l'Europe», Mme Lagarde assure que «les politiques économiques des gouvernements européens sont solides» et qu'il y a «une solidarité et une détermination politiques exemplaires des chefs des États membres de la zone euro». «Dans des circonstances exceptionnelles, on a toujours été capables de trouver les moyens de répondre aux défis», juge-t-elle.

Les ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) se retrouvent aujourd'hui à Bruxelles pour tenter de trouver une solution à la chute de la monnaie commune que l'annonce de leur plan de soutien, la semaine dernière, n'a pas su enrayer.

Les inquiétudes persistantes sur la santé économique et budgétaire de la zone euro ont eu raison de l'apaisement apporté en début de semaine dernière par ce plan d'une ampleur inédite de 750 milliards d'euros destiné aux pays de la zone euro en difficulté.

L'Eurogroupe, qui se réunit à 15h GMT, devra chercher des réponses à ce paradoxe: comment éviter que des marchés, affolés dans un premier temps par l'ampleur inattendue des déficits publics dans la zone euro, redoutent désormais tout autant l'effet négatif sur la croissance et la consommation des cures d'austérité décidées pour y remédier.
1 commentaire
  • Bernard Lorazo - Abonné 17 mai 2010 09 h 24

    Financiers irresponsables?

    Pourquoi parler de paradoxe? Les financiers de tout poil s'en donnent à coeur joie en toute irresponsabilité. Pourquoi les États n'ont-ils pas procédé à la mise-à-mort de ce système en 2008-2009 comme ils s'étaient engagés à le faire? Ces financiers sont d'indécrottables parasites qui jouent à se faire peur à propos de tout et de rien, exigent des entreprises des performances irréalistes menant à des restructurations à répétition puis à une délocalisation, ruinant ainsi la vie de miliiers de personnes, et finalement s'en prennent aux États qui les ont sorti de la faillite dans laquelle ils s'étaient eux-mêmes plongés. Il est plus que temps de les mettre au pas.