La Grèce resserre encore sa ceinture

Athènes — Un prêt de 110 milliards d'euros sur trois ans pour aider la Grèce: après plus d'une semaine de négociations, Athènes a obtenu la mise en oeuvre du plan de soutien cofinancé par le Fonds monétaire international (FMI) et la zone euro. En échange, le gouvernement grec a appelé ses concitoyens à de «grands sacrifices», annonçant hier de nouvelles mesures d'austérité draconiennes.

Le montant du prêt atteindra 110 milliards d'euros sur trois ans, a annoncé le premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe. Les ministres des Finances des 16 pays qui utilisent la monnaie unique s'étaient réunis hier à Bruxelles pour discuter du plan de sauvetage, le premier pour un pays de la zone euro.

Le plan doit encore recevoir le feu vert des Parlements de certains pays. Mais M. Juncker a affirmé que la Grèce toucherait la première partie de l'argent d'ici au 19 mai, date à laquelle elle doit rembourser des prêts à hauteur de 8,5 milliards d'euros.

Le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, a demandé la tenue d'un sommet spécial de l'Eurogroupe le 7 mai «pour conclure toute la procédure et pour tirer les premières conclusions de la crise de gouvernance de la zone euro». Il a ajouté que plusieurs procédures parlementaires devaient être suivies «à un niveau national dans les prochains jours».

M. Juncker a expliqué que les gouvernements de la zone euro débloqueraient 80 milliards d'euros en prêts, dont 30 milliards d'euros disponibles dès cette année.

Le commissaire européen aux Affaires monétaires, Ollie Rehn, a affirmé que les prêts des pays de la zone euro à la Grèce auraient un taux d'intérêt d'environ 5 %.

La chancelière Angela Merkel a précisé que les crédits allemands pourraient être débloqués d'ici au week-end prochain. L'Allemagne, qui possède la plus grande économie de la zone euro, et à ce titre sera le principal pays contributeur, était très réticente à débloquer des fonds tant que la Grèce n'imposait pas des mesures d'austérité draconiennes.

Ce qu'Athènes a fait hier matin. «Nous sommes appelés aujourd'hui à faire un choix simple. Le choix est entre l'effondrement et le salut», a résumé le ministre des Finances, Georges Papaconstantinou. La Grèce, qui affiche actuellement un déficit équivalant à 13,6 % du PIB, entend le ramener sous la barre des 3 % d'ici 2014. Pour ce faire, la taxe sur la valeur ajoutée va passer de 21 % à 23 %. Les taxes sur l'alcool et le tabac vont aussi augmenter.

Surtout, les fonctionnaires et les retraités vont devoir se serrer la ceinture. Georges Papaconstantinou espère ainsi économiser 30 milliards d'euros jusqu'en 2012.

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