Sans gouvernement - La Belgique s'enfonce dans la crise

Le roi des Belges, Albert II, a accepté hier la démission du gouvernement d'Yves Leterme après une tentative infructueuse de relancer les négociations entre Flamands et francophones sur leur contentieux linguistique.

Bruxelles — La crise politique Belgique s'est aggravée hier avec la démission effective du gouvernement, faute de rapprochement entre Flamands et francophones, rendant probable des élections anticipées alors que le pays doit bientôt présider l'UE.

«Le roi a accepté la démission du gouvernement que le premier ministre lui avait présentée le jeudi 22 avril et a chargé le gouvernement de l'expédition des affaires courantes», a indiqué le Palais royal dans un bref communiqué. Une ultime tentative de conciliation faite par le ministre des Finances, le francophone Didier Reynders, pour relancer les négociations sur la question des droits linguistiques des francophones vivant dans la banlieue flamande de Bruxelles, a échoué hier sonnant le glas des espoirs de compromis.

«Je regrette que le dialogue nécessaire pour mener à une solution négociée n'ait pas abouti au résultat escompté», n'a pu que constater M. Leterme, qui en est à sa troisième démission de chef de gouvernement, dont deux effectives, depuis l'été 2008.

Albert II a la possibilité de confier à une personnalité la mission de former un nouveau gouvernement, mais cette piste semble très difficile à suivre.

L'autre possibilité est la convocation de législatives anticipées, qui pourraient avoir lieu à la mi-juin, alors que le pays prend la présidence tournante de l'Union européenne le 1er juillet. Les libéraux flamands, à l'origine de la chute du gouvernement, ont prôné cette solution hier soir.

Mais ces élections risquent de déboucher sur une poussée des partis les plus durs, surtout côté flamand où selon les derniers sondage les partis indépendantistes sont soutenus par 40 % de l'électorat. Ce qui compliquerait encore toute tentative de rapprocher francophones et néerlandophones.

Cette nouvelle crise est encore plus profonde que celle qui avait ébranlé la Belgique en 2007 et 2008. Elle fait craindre pour l'avenir du pays dans sa forme actuelle.

«Dans les prochains mois, il faudra réfléchir à ce qu'on souhaite encore faire ensemble entre le nord et le sud du pays», a souligné Didier Reynders.