Belgique - Vingt interpellations dans la mouvance du PKK

Bruxelles — La police belge a interpellé hier dans plusieurs villes du pays 20 personnes soupçonnées d'avoir participé au recrutement de combattants pour le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Environ 300 policiers ont procédé à des perquisitions à 28 adresses, notamment dans les bureaux de la station de télévision kurde ROJ, ont précisé le police et le parquet fédéraux.

«Nous pensons qu'il existe des indications sérieuses selon lesquelles des jeunes gens, en particulier d'origine kurde, ont été recrutés dans des pays occidentaux, notamment en Belgique, pour [aller dans] des camps militaires dans le nord et l'est de l'Irak et en Grèce», a déclaré le procureur fédéral Lieve Pellens.

L'enquête a montré qu'un groupe important de personnes en Belgique était impliqué dans la falsification de passeports et le financement d'un recrutement pour les activités militaires du PKK, a-t-elle dit.

Glenn Audenaert, directeur de la police judiciaire fédérale, a déclaré que 100 000 euros avaient été saisis à la station de télévision et dans sa filiale Radio Mezopotamya et que 100 000 euros supplémentaires ont été saisis.

L'agence Firat, qui publie régulièrement des déclarations du PKK, rapporte que dix journalistes de ROJ, dont le directeur de la station, ont été interpellés. D'après l'agence Belga, deux responsables du PKK figurent parmi les personnes interrogées. Les procureurs se sont refusés à toute précision sur les personnes interpellées, se contentant de dire qu'un juge se prononcerait dans un délai de 24h sur leur éventuel maintien en détention.

Le PKK, mouvement séparatiste kurde, lutte depuis 1984 contre le pouvoir central turc. Ankara, les États-Unis et l'Union européenne le considèrent comme une organisation terroriste.