52 Français morts dans la tempête Xynthia - La France débat du développement de son littoral

La plupart des victimes de la tempête Xynthia ont péri noyées dans leur sommeil, plusieurs villages étant envahis par les eaux.
Photo: Agence France-Presse (photo) Franck Perry La plupart des victimes de la tempête Xynthia ont péri noyées dans leur sommeil, plusieurs villages étant envahis par les eaux.

Paris — L'urbanisation des zones côtières a été mise en cause après les dommages infligés le week-end dernier par la tempête Xynthia, qui a fait 52 morts dans l'ouest de la France, selon le dernier bilan provisoire publié hier après-midi.

Le président Nicolas Sarkozy a appelé à «faire de toute urgence la lumière sur ce drame inacceptable et incompréhensible» et promis d'engager la réflexion «sur le plan de l'urbanisme». Selon le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, certaines digues «ont été insuffisantes, compte tenu de l'ampleur de ce cataclysme. Et puis, a-t-il dit, il y a la question des constructions en zones inondables».

La plupart des victimes ont péri noyées dans leur sommeil, plusieurs villages étant envahis par les eaux, sous l'effet de vents d'une extrême violence et d'une marée exceptionnellement haute.

Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a proposé l'installation d'une «mission d'information parlementaire pluraliste» sur les raisons des dégâts provoqués par la tempête. Et le conseil général de Vendée, le principal département touché, a demandé hier à l'État un «plan global de défense contre la mer».

La France est pourtant dotée d'une «loi littoral» depuis 1986, qui interdit toute construction à moins de 100 mètres du rivage et toute création de routes à moins de deux kilomètres. Mais cette loi a été affaiblie par une série d'amendements dérogatoires; le rythme de construction demeure donc soutenu sur le littoral (3,7 millions de mètres carrés construits chaque année) où vivent six millions de personnes.

La secrétaire nationale des verts, Cécile Duflot, a souligné que Nicolas Sarkozy avait lui-même «mis en cause la loi littoral» pendant la campagne présidentielle de 2007; il avait alors évoqué la possibilité de «l'assouplir pour ne pas entraver le développement normal des communes».

Et si plus de 7500 communes sont dotées de plans de prévention des risques, qui se rapportent le plus souvent à la menace d'inondations, cela n'a pas non plus empêché la construction de 100 000 logements entre 1999 et 2006 en zone inondable.

Dans l'immédiat, électriciens et équipes des opérateurs de télécommunications tentaient de rétablir l'électricité, le téléphone ou Internet, coupés dans les zones sinistrées envahies dimanche par les eaux, sous l'effet d'une très forte marée et de vents d'une extrême violence.

Environ 50 000 foyers restaient privés d'électricité hier, selon la compagnie d'électricité EDF, qui prévoyait un retour à la normale au plus tard aujourd'hui, et environ 56 000 ne disposaient toujours pas de téléphone fixe ou d'Internet.

L'État a décrété l'état de catastrophe naturelle pour l'ensemble des communes des quatre départements de l'Ouest (Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Vendée, Vienne) les plus touchés, ce qui va permettre une accélération des procédures d'indemnisation par les assureurs. Plus de 45 000 hectares de terres agricoles ont été inondés d'eau salée désormais stagnante.