51 morts après le passage de Xynthia en France - Sarkozy veut faire la lumière sur ce «drame incompréhensible»

Une vue aérienne de la dévastation après le passage de la tempête Xynthia à La-Faute-sur-Mer, en Vendée.
Photo: Régis Duvignau Une vue aérienne de la dévastation après le passage de la tempête Xynthia à La-Faute-sur-Mer, en Vendée.

L'Aiguillon-sur-Mer, France — La tempête Xynthia, qui a balayé l'ouest de la France ce week-end, a fait au moins 51 morts dans le pays et suscité un début de polémique sur l'urbanisme en zones côtières qui a poussé le président Nicolas Sarkozy à demander «toute la lumière sur ce drame inacceptable».

Portée par des vents violents et de fortes marées, la tempête qui a traversé une partie du Vieux Continent a fait au moins 61 morts en Europe, dont 5 ou 6 en Allemagne (selon les sources), 3 en Espagne, 1 au Portugal et 1 en Belgique.

Elle a frappé la France — où huit personnes sont également portées disparues — avec des vents allant jusqu'à 150 km/h en rafale, avec une force comparable à celle de la tempête de 1999 qui avait dévasté le pays et fait 92 morts.

Alors que la tempête, affaiblie, a poursuivi sa route hier vers la Scandinavie, la France constatait l'ampleur du désastre, avec des routes affaissées, des bâtiments détruits, des digues forcées par la marée et des quartiers entiers envahis par les eaux, où les secours poursuivaient leurs recherches.

C'est le département de la Vendée qui a payé le plus gros tribut à la tempête avec 33 morts, suivi par la Charente-Maritime (11 décès).

«Nous devons faire de toute urgence la lumière sur ce drame inacceptable et incompréhensible», a déclaré Nicolas Sarkozy qui s'est rendu dans ces deux départements.

«Il faut qu'on s'interroge pour savoir comment en France, au XXIe siècle, des familles peuvent être surprises dans leur sommeil, mourir noyées dans leur maison», a-t-il lancé.

Constructions en zones inondables

Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer les permis de construire délivrés dans des zones côtières où des maisons construites tout près de la mer ont été frappées par un vrai raz de marée.

«Il faut être raisonnable et construire à des distances plus importantes» de la mer, a ainsi déclaré le président du département de Vendée, Philippe de Villiers.

La secrétaire d'État chargée de l'Écologie, Chantal Jouanno, a appelé à «durcir les règles» de construction dans les zones inondables et derrière les digues, déplorant que, depuis la tempête de 1999, 100 000 logements aient été construits en zones inondables en France.

Le président français a demandé au gouvernement de préparer un «plan digues» pour renforcer la protection des populations, qu'il entend présenter d'ici l'été prochain.

Évoquant un «drame humain épouvantable», il a annoncé le déblocage immédiat de 3 millions d'euros «pour faire face aux dépenses des victimes» et indiqué qu'il décréterait l'état de catastrophe naturelle, qui permet une indemnisation plus rapide par les assureurs.

Plus de 500 rescapés ont été hébergés dans différents centres de la région. D'autres ont été accueillis par des proches. Une trentaine de blessés ont été admis dans des hôpitaux. Une chapelle ardente a été installée à côté du funérarium de L'Aiguillon-sur-mer, commune la plus touchée.

Surpris dans leur sommeil, certains habitants du village sont dénués de tout.

«Moi, j'étais en slip, ma femme en chemise de nuit, on n'a même pas de papiers, pas d'argent», a raconté Georges Van Parys, 72 ans. À 3h, dans la nuit, il avait réussi à hisser son épouse handicapée sur le toit de leur voiture, en attendant les secours.

Quelque 172 000 foyers restaient privés d'électricité hier en milieu d'après-midi.
1 commentaire
  • Geoffroi - Inscrit 2 mars 2010 11 h 10

    Incompréhensible Sarkosie océanne

    Au Moyen-âge, les Sarkosiens n'avaient pas l'habitude de vivre près de l'océan Atlantique. Pourquoi ???