Crise en Grèce - «Aucun autre pays ne paiera pour nos dettes»

Le premier ministre grec, Georges Papandréou, a dû répondre aux critiques de l’opposition communiste sur le plan d’austérité qu’il veut mettre en place.
Photo: Agence France-Presse (photo) John Thys Le premier ministre grec, Georges Papandréou, a dû répondre aux critiques de l’opposition communiste sur le plan d’austérité qu’il veut mettre en place.

Athènes — Le premier ministre socialiste grec, Georges Papandréou, a appelé hier les Grecs à prendre leurs responsabilités pour sortir de la crise économique, soulignant qu'«aucun autre pays ne paiera» pour eux.

Les services de M. Papandréou ont par ailleurs annoncé qu'il rencontrerait le 5 mars à Berlin son homologue, Angela Merkel, à l'invitation de cette dernière. L'Allemagne est le partenaire de la zone euro le plus réticent à une aide européenne à la Grèce surendettée.

Plusieurs grandes banques allemandes ont indiqué hier avoir décidé de ne plus souscrire de nouvelles obligations de l'État grec, inquiètes de la situation financière du pays.

«Aucun autre pays ne paiera pour nos dettes [...], personne d'autre que nous ne peut résoudre le problème», a martelé M. Papandréou au Parlement. Il répondait à une interpellation de l'opposition communiste sur la cure d'austérité que le gouvernement veut imposer au pays pour mettre fin à la dérive de ses finances publiques, d'une gravité sans précédent depuis des décennies.

«Si notre pays faisait faillite, ne pouvait plus emprunter, les premières victimes seraient les plus défavorisés», a-t-il mis en garde, deux jours après une grève générale contre la rigueur, qui a fait descendre dans les rues plusieurs dizaines de milliers de manifestants. «Notre devoir est d'oublier le coût politique et de penser à la survie de la patrie», les conséquences de la gestion passée «nous contraignent de fait à des changements brutaux et à des coupes nécessaires dans les acquis», a-t-il ajouté.

«Nous avons l'obligation envers le peuple grec de faire maintenant tout notre possible pour faire face aux dangers immédiats, aujourd'hui, car demain sera trop tard», a-t-il encore lancé.

L'Union européenne doit examiner ces prochains jours s'il y a lieu d'imposer au pays de nouvelles mesures d'économies en plus de celles déjà annoncées, centrées sur des coupes salariales, gel d'embauches dans la fonction publique, et allongement de la durée du travail.

Selon l'agence de presse grecque Ana, une équipe d'experts de la Commission, de la BCE et du FMI qui a épluché les comptes de la Grèce à Athènes en début de semaine, a conclu que le plan en vigueur ne suffirait pas pour réduire le déficit de quatre points, à 8,7 % du PIB, comme promis par Athènes.

Le premier ministre a par ailleurs réitéré ces attaques contre la précédente équipe conservatrice, chassée le 4 octobre, qui a laissé «des dégâts [financiers] inestimables» et a, selon lui, décrédibilisé le pays. «Même des premiers ministres d'autres pays me demandent: "N'y a-t-il pas de justice dans votre pays?" [...] À l'avenir, nous rendrons impossible pour tout homme politique, ministre ou parti de jouer avec les chiffres», a-t-il lancé.