Christine Lagarde accuse la Grèce d'avoir manqué de discipline

La ministre française de l’Économie, Christine Lagarde
Photo: Agence France-Presse (photo) Patrick Kovarik La ministre française de l’Économie, Christine Lagarde

Sydney — La ministre française de l'Économie, Christine Lagarde, a affirmé hier que la Grèce avait clairement manqué de discipline, entraînant une perte de crédibilité, lors d'une interview à la chaîne australienne SBS TV.

«La zone euro a été lancée il y a dix ans sur la croyance qu'il n'y aurait pas besoin de venir en aide à tel ou tel pays, parce que tout le monde devait jouer selon les mêmes règles et respecter la même discipline», a dit la ministre lors de cet entretien qui sera diffusé demain. «Dans le cas de la Grèce, il y a clairement eu un manque de discipline. Du coup, cela entraîne [pour le pays] une perte de crédibilité, ce que le premier ministre grec [Georges Papandréou] a lui-même admis», a-t-elle poursuivi.

La ministre a aussi affirmé que la Grèce ne serait pas abandonnée. «Dans le passé, la Grèce a affirmé qu'elle pourrait dépenser moins et gagner plus» de recettes, a-t-elle dit. «Il faut maintenant qu'elle prouve qu'elle peut le faire et alors, les membres de la zone euro se tiendront prêts à l'aider si nécessaire», a ajouté Mme Lagarde.

La Grèce est considérée comme le maillon faible de la zone euro depuis qu'elle a révélé à la fin de l'an dernier l'ampleur de son déficit et de sa dette publique, jusque-là sous-estimée. Devant les risques de contagion à toute la zone euro, les Européens ont décidé de placer de manière inédite le pays sous tutelle budgétaire pour s'assurer qu'il va remettre ses finances en ordre.

La Commission européenne a envoyé cette semaine une mission d'experts en Grèce, appuyés par des membres de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, pour examiner la mise en oeuvre du plan d'économies budgétaires promis.

Les experts doivent notamment évaluer si la Grèce en fait assez pour tenir son objectif de ramener cette année son déficit public à 8,7 % du PIB, soit 4 % du PIB de moins qu'en 2009. Si le plan de redressement était jugé insuffisant, les Européens pourraient exiger mi-mars des mesures d'austérité supplémentaires.

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, se rendra la semaine prochaine en Grèce pour évaluer la situation du pays et plus généralement la «stabilité» de la zone euro.