Ukraine - Timochenko n'accepte pas la défaite

Kiev — Le premier ministre sortant d'Ukraine, Ioulia Timochenko, a promis de contester devant les tribunaux les résultats de l'élection présidentielle de dimanche.


À en croire un journal ukrainien, Ioulia Timochenko «ne reconnaîtra jamais» sa défaite face à Viktor Ianoukovitch.

Au Parlement, les partisans du premier ministre ont annoncé une action concertée pour tenter de prouver que le camp adverse s'est rendu coupable de «fraudes cyniques».

Certains partisans de l'ancienne égérie de la Révolution orange de 2004 paraissent néanmoins mal à l'aide devant cette initiative, les observateurs internationaux ayant jugé le scrutin démocratique. Ils l'ont exhortée à reconnaître sa défaite et à tendre la main à Ianoukovitch.

La Russie et les États-Unis ont apporté hier un poids supplémentaire à la reconnaissance du scrutin. Le président russe, Dmitri Medvedev, a adressé ses félicitations à Ianoukovitch et l'ambassade des États-Unis à Kiev a salué dans le vote un pas «dans la consolidation de la démocratie en Ukraine».

Certains partisans de Timochenko s'interrogent en privé sur la possibilité de prouver des fraudes de la part du camp Ianoukovitch.

Selon la commission électorale, le chef de file de l'opposition a été élu président avec une avance d'environ 2,9 points et 734 000 voix sur Timochenko.


Contestation douteuse

D'après le quotidien Ukrainska Pravda, Ioulia Timochenko a assuré lundi soir lors d'une réunion de son parti qu'elle ne reconnaîtrait «jamais la légitimité de la victoire de Ianoukovitch dans de telles élections».

Elle a donné instruction à ses avocats de préparer des recours contre le résultat de l'élection, ajoute le journal sur son site Internet.

Selon les termes de la loi, des cas de fraude présumée doivent d'abord être constatés par des tribunaux. Ce n'est que si un grand nombre de cas de fraude sont avérés que l'on peut faire appel devant une juridiction supérieure pour réclamer un nouveau décompte, voire un nouveau scrutin.

Un tel recours pourrait dès lors retarder la publication officielle des résultats et reporter l'investiture du nouveau président, qui doit se faire normalement dans un délai de 30 jours après la publication des résultats.

Si Ioulia Timochenko concède sa défaite, Viktor Ianoukovitch devrait normalement pouvoir être investi à la mi-mars.

Son directeur de campagne, Boris Kolesnykov, a exclu toute répétition du second tour de la présidentielle.

«Quel troisième tour? Pour quelle raison? Parce qu'elle a perdu de mauvaise grâce? Elle irait jusqu'à un huitième tour jusqu'à ce qu'on l'élise. Il n'y aura pas de troisième tour. Il y aura des tribunaux, allez devant les tribunaux, mais il n'y a aucune base légale [pour une procédure]», a-t-il dit.