Espagne - Le juge Garzón est menacé de suspension

Madrid — Le célèbre juge d'instruction espagnol Baltasar Garzón, visé par deux plaintes instruites au Tribunal suprême, pourrait être suspendu de ses fonctions, a-t-on appris hier de source judiciaire.

Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CPGJ) espagnol a décidé de demander au parquet de se prononcer dans un rapport sur l'opportunité de suspendre le juge Garzón de ses fonctions, selon cette source.

Le juge Garzón est visé par des plaintes pour forfaiture émanant de groupes réputés d'extrême droite qui lui reprochent d'avoir ouvert une enquête en 2008 sur les disparus de la guerre civile et du franquisme (1936-75) en montant un «artifice juridique», ignorant une loi d'amnistie générale votée en 1977.

Il est aussi visé par une plainte pour les 200 000 euros d'honoraires perçus pour des conférences données aux États-Unis en 2005 et 2006, parrainées et payées par la banque espagnole Santander. Deux avocats lui reprochent de ne pas s'être dessaisi à son retour des États-Unis d'une plainte contre le président de Santander, Emilio Botin qu'il avait classée sans suite.

La loi espagnole prévoit la suspension temporaire des juges faisant l'objet d'un renvoi devant un tribunal pour des délits présumés commis dans l'exercice de leur fonction.

Aucune mesure de ce type n'a pour le moment été prononcée par le Tribunal suprême envers le juge Garzón, mais la menace s'est précisée récemment.

Le juge du Tribunal suprême qui instruit la plainte contre l'enquête sur le franquisme, a estimé ces derniers jours qu'il existait des «indices de prévarication» de la part du juge Garzón.