Ukraine - Ianoukovitch prend sa revanche, Timochenko se tait

Kiev — Le prorusse Viktor Ianoukovitch a remporté l'élection présidentielle ukrainienne, un scrutin jugé «honnête» par l'OSCE, prenant ainsi une revanche spectaculaire sur la Révolution orange qui l'avait cloué au pilori en 2004.

M. Ianoukovitch a finalement recueilli 48,66 % des suffrages dimanche contre 45,75 % au premier ministre Ioulia Timochenko, égérie de la Révolution orange, qui avait fait campagne sur un discours plus pro-européen, selon des résultats sur la base de 98,94 % des bureaux de vote.

Ioulia Timochenko, qui avait électrisé les foules au moment du soulèvement populaire de 2004 en appelant à plus de démocratie dans le pays, a refusé de s'avouer vaincue, tant que le dernier bulletin ne serait pas comptabilisé.


Transparence

En estimant que le scrutin avait été «transparent et honnête», la mission d'observateurs conduite par l'OSCE l'a toutefois privée d'un précieux argument si elle se décidait à poursuivre la bataille devant les tribunaux. «L'élection a offert une démonstration impressionnante de démocratie. C'est une victoire pour tous en Ukraine», a déclaré le président de l'Assemblée parlementaire de l'OSCE, Joao Soares.

Le premier ministre, d'habitude plus flamboyant, s'en est tenu hier à un silence presque assourdissant reportant au lendemain toute prise de parole.

Viktor Ianoukovitch, 59 ans, a proclamé quant à lui dès dimanche sa victoire, promettant d'être le président de tous les Ukrainiens et de procéder sans délai aux «réformes pour surmonter la crise économique» qui secoue le pays. Son entourage a eu beau jeu d'inviter hier le camp adverse à respecter ses principes de la Révolution orange et à tirer sa révérence.

En novembre 2004, des centaines de milliers d'Ukrainiens étaient descendus dans la rue pour contester la victoire de Viktor Ianoukovitch à la présidentielle, alors entachée de fraudes, et obtenir un troisième tour, remporté par le pro-occidental Viktor Iouchtchenko.

Pour la presse ukrainienne, la défaite du camp orange était inéluctable après les crises politiques à répétition et la déroute économique observées qui ont émaillé la présidence de M. Iouchtchenko, lui-même balayé dès le premier tour.


Moscou satisfait

Si Mme Timochenko promettait aussi de meilleures relations avec Moscou, la Russie n'en a pas moins savouré son plaisir après la défaite du camp orange, qui a osé remettre en cause son influence historique dans la région.

La bataille ne fait cependant que commencer pour Viktor Ianoukovitch, qui devrait être bien vite rattrapé par l'imbroglio politique ukrainien. Formellement, son parti n'est pas majoritaire au Parlement et il lui sera donc difficile d'obtenir un vote de défiance vis-à-vis de la première ministre. Ianoukovitch prendrait également de gros risques à provoquer de nouvelles élections législatives, sous la menace de jeunes formations politiques crées à l'issue du premier tour.

Si elle est habile, Ioulia Timochenko peut donc négocier en coulisse son maintien au poste de premier ministre, ou au contraire décider de démissionner, et se présenter comme le fer de lance de l'opposition, forte des 11 millions de voix glanées au deuxième tour.
1 commentaire
  • Dominic Pageau - Inscrit 9 février 2010 02 h 27

    Le retour des choses?

    La révolution orange n'a jamais vraiment eu lieu, ce n'est qu'un vulgaire coup d'état à la nouvelle mode américaine. La gauche et la droite américaine sont impliquées. Il y a entre autre le IRI (International Republican Institute) de John Mc Cain et la Open Society de George Soros d'impliqué dans ces coups d'états. Le but étant de jouer dans les plates bandes de la Russie et prendre le contrôle de la région pour s'approprier le flot de pétrole qui devrait jaillir du pipeline Odesa-Brody qui est en construction en Ukraine.

    Le mode d'opération, ou modus operandi a été utlisé à plusieurs reprises, il est relativement simple. On forme deux ou trois jeunes leaders universitaires locaux, on leur fournit toute de sorte de propagande et on leur enseigne des méthodes de persuasions, on les finance et on s'arrange pour qu'on parle d'eux, particulièrement à l'étranger. Après des élections, on manifeste contre le résultat qu'on accuse sans preuve d'être manipulé, on exagère le nombre d'opposant aux dernières élections et on ne parle pas des supporteurs de président ou premier ministre élu. Les opposants font tout pour paralyser le gouvernement et font énormément de propagande pour le faire mal paraître. Il y a des nouvelles élections et le leader de l'oppostion est élu. En Ukraine c'est le groupe PORA! dirigé Leonid Koutchma qui coordoné les mouvements étudiants. L'histoire de l'empoissonement de Ioutchenko par les Russes a été démontrée fausses par une commission d'enquête ukrainienne, par contre elle a été grandement utilisée pour les élections de Ioutchenko et de Timochenko.

    C'est la méthode qui a été utilisé en Yougoslavie et Serbie, puis en Géorgie avec la révolution des Roses et en Ukraine avec la révolution orange et au Kirghizistan avec la révolution des tulipes, cette dernière a été filmé de l'intérieur par la journaliste et documentariste français Manon Loizeau dans le grand documentaire diffusé à Télé-Québec intitulé Les États-Unis à la conquête de l'Est on peut le voir ici en 6 parties

    http://www.youtube.com/watch?v=RJV1NzgHuPM