Le prix Sakhavov à l'ONG russe Memorial

Strasbourg — Les responsables de l'ONG russe de défense des droits de la personn Memorial ont plaidé hier pour que l'UE hausse le ton face au Kremlin pour défendre les libertés, en recevant le prestigieux prix Sakharov du Parlement européen à Strasbourg.

«C'est le devoir de l'Europe de ne pas pas rester silencieuse, mais de répéter et insister sans cesse, avec respect et fermeté, pour que la Russie respecte ses obligations» en matière de droits de l'homme, a souligné devant les eurodéputés le militant de Memorial et ancien dissident soviétique Sergueï Kovalev, 79 ans.

Les Européens devraient exercer une «pression» sur la Russie pour qu'elle respecte les libertés, a souligné l'ancien prisonnier politique, qui a reçu le prix de 50 000 euros aux côtés du président de Memorial Oleg Orlov et de la militante Lioudmila Alexeïeva, 82 ans. Ce prix leur a été remis au moment même où l'on commémore les vingt ans de la mort du physicien et Prix Nobel de la paix Andreï Sakharov.

De son côté, le président du Parlement, le Polonais Jerzy Buzek, s'est dit «très fier» du choix des eurodéputés. «Les défenseurs des droits de l'homme en Russie à l'heure actuelle attendent la liberté, ils attendent le soutien de l'Union européenne, et nous accordons ce prix aujourd'hui à tous les citoyens russes», a-t-il souligné.

Memorial, fondée l'année de la chute du Rideau de fer en 1989, recense les crimes commis au nom de l'URSS et enquête sur les exactions perpétrées plus récemment lors des deux guerres sanglantes menées par la Russie moderne en Tchétchénie.

En octobre, lorsque le Parlement européen avait choisi cette organisation pour succéder à des lauréats aussi prestigieux que le Sud-Africain Nelson Mandela ou la Birmane Aung San Suu Kyi, les grandes ONG internationales avaient salué le courage de l'association.

Une collaboratrice de Memorial, Natalia Estemirova, a été assassinée en Tchétchénie en juillet dernier, ce qui avait conduit l'organisation à suspendre ses activités dans la république caucasienne. Mais M. Orlov a annoncé que Memorial reprendrait bientôt son travail dans cette région.

Dans son dialogue avec Moscou, l'Union européenne, a plaidé Oleg Orlov, doit aborder les droits de la personne «sur un pied d'égalité» avec les autres dossiers, comme le commerce ou l'énergie.

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