Traité de Lisbonne - L'UE peine à finaliser le choix du tandem appelé à la diriger

Bruxelles — Le choix des postes emblématiques de président et de chef de la diplomatie de l'UE s'annonce plus compliqué à boucler que prévu, aucun nom ne faisant encore consensus alors que Londres continue envers et contre tout à soutenir Tony Blair.

«Il n'y a pas de consensus à l'heure actuelle, pour aucun des deux postes, et je ne pense pas qu'on y arrivera», a souligné une source diplomatique européenne proche des négociations.

À l'origine, les Européens espéraient pouvoir en terminer avec les désignations dès cette semaine, lors d'un sommet des dirigeants européens à qui revient la décision finale. Mais cela apparaît de plus en plus improbable, ce qui suscite l'irritation croissante de la France à l'égard de la présidence suédoise de l'UE.

Un sommet

Le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, qui mène depuis plusieurs jours les consultations, pourrait convoquer aujourd'hui le sommet sans avoir au préalable bouclé le choix, a indiqué une source diplomatique à Bruxelles. La date du 19 novembre est évoquée parmi les possibilités, mais pas confirmée.

«La présidence viendra avec des propositions de candidats qui pourraient être soutenus par une majorité de pays, sans pour autant faire l'objet d'un consensus», a ajouté la source diplomatique européenne, proche des négociations.

Le favori pour le poste de président reste le chef du gouvernement belge, le chrétien-démocrate Herman Van Rompuy, soutenu par Paris et Berlin, selon des diplomates. L'homme, très discret, ne risque pas de faire d'ombre aux dirigeants des grands pays de l'UE et est disposé à se limiter à une fonction de facilitateur de compromis.

Mais le premier ministre britannique Gordon Brown continue à défendre la candidature de son prédécesseur Tony Blair, malgré les critiques dont ce dernier fait l'objet. Il a de nouveau balayé l'idée que son chef de la diplomatie, David Miliband, puisse occuper l'autre grand poste, celui de Haut représentant aux affaires étrangères de l'UE, pour lequel il a longtemps été donné comme favori. Il «n'a jamais été candidat», a-t-il dit.

Les autres noms évoqués pour la présidence de l'UE sont le Néerlandais Jan Peter Balkenende, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker ou la Lettone Vaira Vike-Freiberga. Pour la fonction de Haut représentant, l'ancien premier ministre italien de gauche Massimo D'Alema est cité comme alternative possible.