Le traité de Lisbonne a enfin été ratifié par le président tchèque - L'Union européenne change de visage

Le traité de Lisbonne à peine signé par le président tchèque Vaclav Klaus, le président en exercice de l'UE, le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, a lancé les consultations pour désigner le premier président stable de l'UE et le chef de la diplomatie européenne.

«Je commence maintenant les consultations» pour trouver les personnes qui occuperont les fonctions de président stable et de Haut représentant de l'UE, a indiqué M. Reinfeldt dans un communiqué hier, peu après la signature du traité de Lisbonne par le président tchèque.

Le président tchèque, Vaclav Klaus, a signé hier le traité européen de Lisbonne, qui devrait entrer en vigueur le 1er décembre. La République tchèque est le dernier des 27 États membres de l'Union européenne à adopter le traité qui redessine les institutions communautaires et les adapte au fonctionnement d'une Europe élargie. Farouche adversaire du traité, Vaclav Klaus a ratifié le texte quelques heures après qu'il eut été jugé conforme à la loi fondamentale par la Cour constitutionnelle du pays.

Le traité de Lisbonne est destiné à réviser les institutions de l'Union européenne en lui conférant une plus grande visibilité, plus de stabilité et en la préparant à ses élargissements futurs. Il crée notammment un poste de président du Conseil européen élu à la majorité qualifiée par ses pairs pour un mandat de deux ans et demi renouvelable une fois, ce qui mettra fin à l'aspect le plus important de la rotation des présidences.

Le premier ministre suédois entend tenir «dès que possible» un sommet extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement des 27 pays de l'Union pour désigner le président et le Haut représentant qui seront le visage et la voix de l'Europe.

Jusqu'ici, la recherche du «George Washington européen» s'apparentait à un théâtre d'ombres chinoises, où chacun avançait masqué. Ainsi, le sujet n'était officiellement pas à l'ordre du jour du sommet des dirigeants de l'UE jeudi et vendredi dernier à Bruxelles même si, dans les coulisses, tous les chefs d'État et de gouvernement ne parlaient que de ça.

Le futur chef de la diplomatie européenne, aux pouvoirs beaucoup plus étendus que ceux de l'actuel Haut représentant de l'Union, Javier Solana, sera également vice-président de la Commission européenne.

«Le traité de Lisbonne nous permettra de travailler de façon beaucoup plus cohérente et efficace et nous donnera une voix plus forte sur la scène internationale», s'est d'ailleurs félicité M. Solana après la signature du traité par M. Klaus.

Les gouvernements des pays membres devraient également rapidement donner les noms de leur commissaire afin que M. Barroso complète la composition de la Commission européenne. L'actuelle Commission est arrivée en fin de mandat le 31 octobre et expédie actuellement les affaires courantes.

Un candidat

Concernant le futur président stable de l'UE, le chef du gouvernement belge Herman Van Rompuy, sollicité pendant le sommet européen, semble faire l'objet d'un consensus. «Il y a un consensus sur son nom, ce qui est rare à 27. Personne d'autre ne fait l'unanimité», a déclaré lundi un diplomate européen.

L'autre grande bataille en préparation est le choix du futur Haut représentant, véritable ministre des Affaires étrangères de l'Union, et sans doute homme fort de la future UE.

L'ancien premier ministre britannique Tony Blair a vu s'évanouir ses chances de prendre la présidence stable de l'UE et Londres pourrait opter pour une solution de repli: la candidature du chef de la diplomatie britannique, le travailliste David Miliband, pour le poste de Haut représentant.

Les socialistes européens poussent en tout cas en ce sens, même si l'intéressé assure ne pas être disponible.

Le gouvernement italien dirigé par Silvio Berlusconi a de son côté multiplié les signes en faveur d'un de ses opposants, l'ancien chef du gouvernement italien et ex-ministre des Affaires étrangères de gauche Massimo D'Alema

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