Projet russe de gazoduc Nord Stream - La Finlande table sur un feu vert en fin d'année

Saint-Pétersbourg, Russie — La Finlande table sur un feu vert d'ici à la fin de l'année pour le passage dans ses eaux du projet russe de gazoduc Nord Stream, a déclaré hier le Premier ministre finlandais, Matti Vanhanen, à l'issue d'entretiens avec son homologue russe, Vladimir Poutine.

En échange, la Russie va prolonger en 2010 le moratoire sur la hausse des droits de douane à l'exportation sur le bois en raison de la crise, a indiqué de son côté M. Poutine, à lors de leur rencontre à Saint-Pétersbourg.

«Le gouvernement finlandais prendra une décision début novembre sur le passage de Nord Stream dans sa zone économique», a déclaré M. Vanhanen.

«Après cela, les services chargés de l'écologie donneront leur autorisation à la construction du gazoduc. Nous nous attendons à ce que cela soit fait d'ici à la fin de l'année», a-t-il ajouté.

Nord Stream, un projet piloté par le géant gazier russe Gazprom, doit relier sur 1220 km Vyborg en Russie à Greifswald en Allemagne, en passant sous la mer Baltique par les territoires maritimes russe, finlandais, suédois, danois et allemand. Selon le calendrier, il doit être entièrement achevé en 2012.

Le Danemark avait donné son accord le 20 octobre, après avoir analysé les rapports d'enquête sur l'environnement de Nord Stream et pris en compte les avis de tous les organismes pertinents du pays.

Outre la Finlande, la Suède doit encore donner son feu vert au projet soutenu par l'Allemagne et la Russie, mais critiqué par les pays baltes et la Pologne, qui y voient un moyen pour Moscou de les contourner.

Pour sa part, «le gouvernement russe a déjà décidé d'ajourner la hausse des droits de douanes sur le bois», a déclaré M. Poutine, lors du troisième sommet russo-finlandais sur le bois, auquel participait M. Vanhanen.

«Aujourd'hui, je peux dire que ce moratoire sera prolongé en 2010» et «sans doute en aussi 2011», a-t-il ajouté.

Cette décision satisfait la Finlande, l'un des plus importants producteurs de papier et de produits en bois manufacturés au monde, qui importe une grande partie de sa matière première de chez son voisin russe.

La Russie, qui a décidé dès 2006 d'augmenter ses droits de douanes sur le bois, entendait les relever par paliers d'ici à janvier 2009, jusqu'au niveau de 80 % de la valeur du bois déclarée en douane, afin de convaincre les groupes papetiers européens, et en particulier finlandais, d'investir en Russie.

Mais cette volonté a été contrariée par la crise et en novembre 2008, le gouvernement russe avait décidé d'ajourner cette hausse d'au moins neuf mois.

Hier, M. Poutine a toutefois prévenu que la Russie ne renonçait pas à mettre en oeuvre cette hausse et attendait que la situation s'améliore pour le faire.