Pays-Bas - Haro sur le tourisme de la drogue

Les Pays-Bas veulent changer de politique en matière de drogues douces, en interdisant l'accès des coffee-shop aux touristes de la drogue. Seuls les résidants néerlandais, détenteurs d'une carte de membre d'un bar à joints, pourraient être acceptés à l'avenir. Mais pour l'instant, ce n'est qu'une idée.

Un projet pilote va être lancé dans les 30 coffee-shop de Maastricht, puis faire l'objet d'une discussion nationale fin 2010. Rien n'indique que l'essai sera concluant. On imagine déjà les réseaux parallèles que le tri entre clients va créer. Tout bénéfice pour les intermédiaires qui auront le sésame des coffee-shop. Il n'est pas sûr non plus que les propriétaires des 700 coffee-shop du pays, qui sont organisés, s'en laissent conter.

À Amsterdam, la perspective d'un changement n'émeut guère. La discussion prévue pour fin 2010 pourrait aussi bien pencher en faveur de la légalisation de la culture du cannabis. Des maires travaillistes proposent de mieux contrôler l'approvisionnement des coffee-shop, seulement tolérés, pour mieux limiter les activités criminelles liées à la culture du cannabis, toujours illégale.

Deux petites villes ont pourtant fait couler beaucoup d'encre. Bergen-op-Zoom et Roosendaal, situées près de la frontière belge, sont les seules communes à avoir décidé la fermeture définitive, effective aujourd'hui, de tous leurs huit coffee-shop. Une manière d'éviter les «nuisances» provoquées par les 25 000 touristes de la drogue belges et français qui s'y pressaient chaque week-end.

Dans un pays où l'interdiction de fumer du tabac dans les bars n'est pas respectée, on peut s'attendre à d'importants délais avant la fermeture des coffee-shop aux étrangers. Pas moins de 25 % des bars néerlandais laissent en effet leurs clients fumer. Sous la pression des patrons de petits cafés, Ab Klink, le ministre de la Santé, a fait marche arrière le 9 septembre. Il est prêt à lever l'interdiction de fumer des cigarettes dans des établissements tenus par leurs propriétaires — sans personnel victime du tabagisme passif — , si des systèmes de ventilation efficaces sont installés.

Du côté des coffee-shop, le durcissement annoncé risque de produire l'effet inverse de celui recherché: un afflux de touristes venus fêter leur dernier joint à Amsterdam, avant l'hypothétique fermeture.

À voir en vidéo