Pays basque espagnol - Un attentat contre une caserne fait au moins 64 blessés

La façade de l’immeuble a été ravagée par l’explosion.
Photo: Agence Reuters La façade de l’immeuble a été ravagée par l’explosion.

Quoique affaiblie depuis quelques années par de nombreux coups de filets de la police, l'organisation terroriste basque ETA a frappé un symbole de l'État espagnol. C'est du moins ce qu'affirme Madrid.

Burgos — Soixante-quatre personnes ont été blessées légèrement dans la nuit de mardi à hier dans un attentat à la voiture piégée contre une caserne de la garde civile à Burgos (nord), attribué par le gouvernement espagnol à l'organisation indépendantiste basque ETA.

La puissante explosion a fortement endommagé une partie de la caserne et creusé un important cratère au sol. «C'était un véhicule piégé» qui a sauté «vers 4h du matin», a indiqué la sous-préfecture de Burgos. Les dégâts matériels sont importants. La façade de l'immeuble moderne a été ravagée par l'explosion.

Les victimes, des gardes civils et des membres de leurs familles, ont souffert de coupures et de contusions diverses. Toutes avaient quitté l'hôpital hier en début d'après-midi.

Le ministre de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, s'est rendu sur les lieux de l'attentat qu'il a attribué à l'ETA. L'organisation armée, faute d'avoir alerté de l'imminence de l'explosion, «cherchait sans aucun doute à tuer», a déclaré le ministre.

L'attentat «n'était pas seulement dirigé contre ceux qui travaillent au sein de la garde civile mais aussi contre leurs familles, ce qui ajoute à son caractère spécialement abject», a-t-il poursuivi, dénonçant «la stratégie de violence démente» de l'organisation clandestine basque.

«Cette nuit, 120 personnes dormaient [dans la caserne] et 41 enfants auraient pu mourir», a souligné M. Rubalcaba.

L'ETA, tenue pour responsable de 826 morts en 41 ans de lutte armée, avertit souvent par téléphone de l'imminence de ses attentats. Mais elle s'abstient en général de le faire quand elle s'en prend aux forces de sécurité qu'elle considère comme des objectifs militaires.

La garde civile est une cible privilégiée de l'ETA, dont le dernier attentat remontait à la nuit du 9 au 10 juillet, quand une bombe a explosé devant un bâtiment du Parti socialiste basque à Durango, au Pays basque espagnol (nord).

Son dernier attentat meurtrier a eu lieu le 19 juin: un policier a été tué dans l'explosion de sa voiture, piégée à Arrigorriaga, près de Bilbao.

Le quotidien El Mundo avait assuré dimanche que les forces de sécurité espagnoles étaient en alerte, après avoir été informées par la France que l'ETA voulait faire passer en Espagne trois fourgonnettes bourrées d'explosifs.

M. Rubalcaba a jugé «probable» que la fourgonnette totalement détruite par la «bombe très puissante» de Burgos «ait pu venir de France».

Selon les médias, elle aurait transporté une charge d'environ 200 kg d'explosifs.

Cet attentat survient un an après le démantèlement du «commando Biscaye» de l'organisation clandestine, au cours duquel la police avait saisi des documents montrant que la caserne de Burgos était une cible désignée d'attentat.

Il coïncide aussi pratiquement avec le 50e anniversaire de la fondation de l'ETA, le 31 juillet 1959 par des étudiants nationalistes d'inspiration marxiste-léniniste.

Affaiblie depuis la rupture de sa trêve de 2006-2007 par des coups de filets à répétition de la police, l'ETA avait indiqué fin mai mener une réflexion interne «pour fixer une stratégie politico-armée efficace», sans paraître se préparer à renoncer à la violence.