Tragédie de l'Airbus d'Air France - Dix-sept corps ont été repêchés des eaux ce week-end

Recife, Brésil — Dix-sept corps — dont quinze hier — ont été retirés des eaux de l'Atlantique au cours du week-end, et des dizaines de composants de l'avion ont été récupérés pour tenter d'expliquer la disparition mystérieuse du vol AF 447 Rio-Paris, il y a une semaine.

La petite armada internationale, déployée à quelque 1100 km de la côte brésilienne, a commencé au cours des vingt-quatre dernières heures à récupérer les premiers débris de l'Airbus A330, après cinq jours de vaines recherches au milieu de l'océan. Le vol s'est abîmé avec 228 personnes à bord.

Si la catastrophe était encore inexpliquée, des informations convergentes ont mis de plus en plus précisément en cause les systèmes de mesure de la vitesse des Airbus A330.

«Un total de dix-sept corps ont été repêchés ainsi que des dizaines de composants structurels de l'avion», a dit le porte-parole de l'armée de l'air, le lieutenant-colonel Henry Munhoz.

Le porte-parole a précisé que neuf corps avaient été recueillis par la frégate brésilienne Constitucao et huit par la frégate française Ventôse.

Parmi les nouveaux corps récupérés hier, quatre sont des femmes et quatre des hommes.

«Les pièces récupérées de l'avion sont des pièces importantes qui confirment qu'elles proviennent de l'Airbus» et certaines portent le logo d'Air France, a déclaré le porte-parole.

Auparavant, il avait indiqué que «des centaines d'objets» comme des sièges et des masques à oxygène avaient été repérés flottant.

La plupart des corps et des débris ont été recueillis en un lieu situé à environ 1150 km de la ville de Recife, sur la côte nord-est du Brésil.

Les corps n'arriveront que demain sur l'archipel de Fernando de Noronha, où ils seront examinés par une équipe de huit experts de la police, et non aujourd'hui comme cela avait été initialement prévu.

De Fernando de Noronha, les corps seront ensuite transportés en avion à l'Institut médico-legal de Recife, où une morgue a été installée.

Les recherches progressent

Au total, 14 avions, dont deux français (un Breguet atlantique et un Falcon 50), et six navires étaient mobilisés hier. Les cinq navires de la Marine brésilienne ont reçu le renfort de la frégate Ventôse, en attendant le sous-marin nucléaire français Émeraude attendu mercredi sur la zone, selon les autorités françaises.

Si les recherches sur le terrain progressaient, l'enquête menée par les experts français semblait elle aussi avancer.

À Paris, le secrétaire d'État français des Transports, Dominique Bussereau, a réitéré que «pour l'instant, on ne peut vraiment privilégier aucune hypothèse».

Mais il a détaillé l'enchaînement de circonstances techniques ayant pu provoquer la catastrophe. Si les capteurs de vitesse gèlent au moment où l'avion traverse «une zone très humide, une zone très dépressionnaire, une zone de turbulences», ils n'indiquent plus la vitesse, a-t-il dit.

Cela peut provoquer «une sous-vitesse, qui peut entraîner un décrochage, ou une survitesse qui peut entraîner une déchirure de l'avion», a expliqué le secrétaire d'État.

Air France a fait savoir samedi qu'elle avait accéléré depuis le 27 avril son programme de remplacement de sondes anémométriques (Pitot) sur ses avions A330 et A340 et a révélé que, depuis mai 2008, «des incidents de pertes d'information anémométrique en vol en croisière» sur des A340 et des A330 avaient été constatés.

Selon l'hebdomadaire français Journal du Dimanche (JDD), de tels problèmes avaient été mis au jour sur l'Airbus A330 dès 1996.

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