Belgique - Les autonomistes montent en Flandre

Bruxelles — Les partis de droite prônant une forte autonomie de la Flandre ont connu une forte poussée hier lors des élections régionales belges, ce qui devrait compliquer encore un peu plus les discussions entre Flamands et francophones sur l'avenir du pays.

Témoin d'un paysage politique diamétralement opposé entre les deux grandes communautés linguistiques belges, les socialistes ont eux réussi, contre toute attente, à maintenir leur domination sur la Wallonie francophone, malgré une forte progression des écologistes.

Le système fédéral belge, d'une rare complexité, est remis en cause par les 6,2 millions de Flamands néerlandophones. Formant 60 % de la population, et plus riches que leurs concitoyens d'expression française, ils veulent une souveraineté accrue en matière fiscale et sociale, ce à quoi renâclent les francophones.

En Flandre, les chrétiens-démocrates du CD&V du Premier ministre fédéral Herman Van Rompuy arrivent en tête, avec 23,1 % des suffrages, selon des résultats portant sur 4383 des 4456 bureaux de vote belges.

Le CD&V est donc certain de participer au prochain gouvernement régional, mais toute la question est de savoir avec qui.

Le parti libéral Open VLD, l'un de ses partenaires dans la coalition régionale actuelle, enregistre une cuisante défaite avec 15 % des voix (en recul de 5 points), tandis que le parti socialiste SPA, lui aussi dans la majorité sortante en Flandre, perd 4 points à 15,3 %.

Parlant de «radicalisation attendue» du côté flamand, le président du Parti socialiste francophone, Elio Di Rupo, a appelé à un «minimum de stabilité» au sein du gouvernement fédéral, dont il fait partie. Le patron du PS pouvait d'autant plus facilement se prononcer pour son maintien au sein du gouvernement fédéral qu'il enregistre une victoire inattendue en Wallonie, la région francophone du sud du pays.

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