L'Italie enterre les victimes du séisme des Abruzzes

Un petit cercueil blanc d’enfant posé sur celui de sa mère: l’image restera l’émouvant symbole de ces obsèques.
Photo: Agence Reuters Un petit cercueil blanc d’enfant posé sur celui de sa mère: l’image restera l’émouvant symbole de ces obsèques.

L'Aquila — L'Italie a célébré hier les funérailles des victimes du séisme qui a fait près de 300 morts à L'Aquila, «capitale de la douleur» d'un pays en deuil où la terre a continué de trembler.

Un petit cercueil blanc d'enfant posé sur celui de sa mère: l'image restera l'émouvant symbole de ces obsèques, cinq jours après le tremblement de terre le plus meurtrier à frapper l'Italie depuis 30 ans.

Un message du pape, qui s'est joint «au deuil de ceux qui pleurent», a été lu avant la messe à laquelle ont assisté quelque 5000 personnes aux côtés des plus hauts responsables de l'État italien, en particulier le chef du gouvernement Silvio Berlusconi, visiblement très ému.

«Je me sens spirituellement proche de vous pour partager votre angoisse et implorer Dieu pour le repos éternel» des disparus, a dit Benoît XVI dans son message écouté par des proches des victimes en larmes ou se tenant la tête dans les mains.

Environ 200 cercueils étaient alignés dans la vaste cour de l'école militaire, l'un des rares édifices épargnés par le tremblement de terre qui a fait 290 morts, selon le dernier bilan provisoire d'hier soir.

Face aux cercueils sur lesquels avaient été déposés un petit bouquet d'orchidées des autorités et les couronnes de fleurs des familles, le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, en chasuble violette, a célébré la messe avant de bénir les corps.

Un imam s'est adressé à la foule à l'issue de la cérémonie, évoquant «l'unité de tous au nom du Dieu unique», en hommage aux six victimes de religion musulmane de la catastrophe.

Les drapeaux ont été mis en berne dans tout le pays, qui s'est quasiment arrêté au début des obsèques, une minute de silence étant observée dans de nombreux endroits, dont tous les aéroports.

Les victimes des Abruzzes «sont les morts de toute la nation», a souligné Silvio Berlusconi, alors que deux nouveaux corps ont encore été retrouvés dans la matinée.

Répliques

Plus de 806 répliques, dont neuf d'une magnitude entre 4 et 5 degrés sur l'échelle de Richter, se sont produites depuis le tremblement de terre lundi, a indiqué le chef du gouvernement.

Le séisme, le plus meurtrier depuis 30 ans dans la Péninsule, a fait aussi près de 40 000 sans-abri, dont quelque 24 000 hébergés dans des camps de tentes, le reste ayant trouvé refuge dans des hôtels ou chez des particuliers.

Fonds européens

Silvio Berlusconi a proposé hier d'en héberger certains.

Il a aussi affirmé qu'il comptait obtenir de «400 à 500 millions sur trois ans» des fonds européens.

Quelque 10 000 bâtiments et maisons ont été endommagés, et la polémique ne cesse d'enfler sur les défaillances des constructions et des contrôles dans un pays à très haut risque sismique.

Le président de la République Giorgio Napolitano a appelé à un «examen de conscience» collectif, une phrase qui faisait vendredi la Une de tous les quotidiens.

À voir en vidéo