Séisme dans les Abruzzes - L'Italie se relève après le choc

Les secouristes ont continué à fouiller les décombres, hier, en dépit des répliques qui ont compliqué leur tache.
Photo: Agence France-Presse (photo) Les secouristes ont continué à fouiller les décombres, hier, en dépit des répliques qui ont compliqué leur tache.

Plus de 17 000 sans-abri, 1500 blessés et 235 morts: le bilan du séisme qui a ébranlé la région italienne des Abruzzes a continué de s'alourdir hier, alors que de nouvelles secousses ont tué au moins une personne et compliqué le travail des secouristes.

Sous la pluie, secoués par des centaines de répliques qui ont ajouté une victime au bilan, les secouristes italiens ont continué hier de fouiller les décombres de la région des Abruzzes, à la recherche de survivants. Le séisme, d'une magnitude de 6,3 sur l'échelle de Richter, a tué 235 personnes et en a blessé 1500 autres, dont une centaine sont dans un état grave, en plus de laisser 17 000 Italiens à la rue. Les journalistes sur place rapportent que des résidants sous le choc prient, poussent des chariots contenant des effets sortis des gravats ou tentent désespérément de joindre leurs proches.

«Les chances de retrouver quelqu'un de vivant sous les gravats sont désormais très minces», a confié à Reuters un responsable de la Protection civile, 36 heures après la catastrophe qui a frappé durement la ville de L'Aquila, 68 000 habitants, et ses environs. C'est le séisme le plus meurtrier en Italie depuis 1980, où 2735 personnes avaient péri dans le sud du pays.

Lorsque Le Devoir l'a rejoint par téléphone à Rome, Marcelo Guerra rentrait tout juste à la maison après une journée mouvementée. Il coordonne depuis la capitale le travail de la Croix-Rouge italienne. La terre venait de trembler. «Nous avons senti la secousse dans nos bureaux, qui sont à 150 km de l'épicentre. Mes collègues à L'Aquila ont vu des édifices chuter, ils font maintenant le tour à la recherche d'éventuels blessés.»

Selon lui, les secours d'urgence vont bon train sur le terrain. «C'est un travail ordinaire, c'est notre métier, mais les circonstances sont extraordinaires», explique-t-il. Il a fait état de 11 personnes manquantes. En fin de journée hier, les autorités recensaient moins de 50 disparus. Le nombre des sans-papier dans la région complique cette estimation. Par ailleurs, une jeune fille a été extirpée des décombres après 42 heures, ainsi qu'une étudiante et une femme âgée de 98 ans, 23 et 30 heures respectivement après le sinistre.

Le chef du gouvernement, Silvio Berlusconi, a annoncé que son gouvernement débloquerait 30 millions d'euros en aide immédiate et compte solliciter le fonds de solidarité de l'Union européenne pour les grandes catastrophes naturelles. «Nous devons maintenant reconstruire», a-t-il déclaré.

Hier, une polémique a éclaté autour de la possible prédiction de la secousse par un scientifique italien, quelques jours avant le drame. «On ne peut pas prédire le moment exact d'un tremblement de terre», a tranché Sylvie Hayek, sismologue de Séisme Canada. «Malgré les indices, la marge d'erreur est trop importante, a-t-elle poursuivi. Mieux vaut prévenir en construisant des infrastructures à l'épreuve des tremblements de terre.» Elle rappelle que la faille la plus instrumentalisée du monde, en Californie, fait malgré tout des siennes à l'occasion, sans que les scientifiques relèvent quelque indice que ce soit.

Une solidarité sans faille

À l'instar de l'Italie, où une «véritable compétition de solidarité» s'est installée, selon les dires de Marcelo Guerra, les Canadiens d'origine italienne sont plus unis que jamais, observe Antonio Sciascia, président du Congrès national italo-canadien, qui coordonne la campagne SOS Abruzzes. Environ 25 000 Québécois proviennent de la région des Abruzzes. «Notre priorité, c'est de contribuer à la reconstruction pour toutes ces personnes qui ont perdu leur maison», a-t-il indiqué au Devoir.

Comme le souligne un des téléphonistes de la Fondation communautaire italo-canadienne, qui reçoit les appels de la population, «le téléphone ne dérougit pas depuis ce matin, la réaction est extraordinaire, tant du côté des Italiens que des autres Canadiens». Il est possible de faire un don en argent à une succursale de la Banque Laurentienne, aux Caisses populaires canadiennes-italiennes de la région de Montréal et à la Fondation. En Italie, Marcelo Guerra explique que l'aide financière sera la bienvenue, car «lorsque les caméras s'éteindront et que la région disparaîtra des écrans de télévision, le plus gros du travail sera à faire».

La Croix-Rouge n'a pas encore arrêté ses intentions. La porte-parole, Myriam Marotte, explique que «l'Italie nous a demandé un délai de 24 à 48 heures pour évaluer ses besoins, mais ce seront des besoins en argent, non pas en ressources humaines et matérielles».

Avec Reuters

et Associated Press

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