En visite en Turquie - Obama veut rassurer le monde musulman

Le président américain, Barack Obama, a consacré la dernière étape de sa tournée de huit jours à l'étranger à la Turquie, un pays musulman, le premier dans lequel il se rend depuis son entrée en fonctions le 20 janvier.

Ankara — Le président américain Barack Obama a choisi la dernière étape de sa tournée européenne, la Turquie, pour tenter de rassurer le monde musulman et adresser une nouvelle mise en garde à l'Iran, invité à choisir entre l'arme nucléaire et un avenir meilleur.

Les États-Unis «ne sont pas et ne seront jamais en guerre contre l'Islam», a affirmé hier M. Obama, qui effectuait sa première visite dans un pays musulman. «Nous voulons montrer par des actions concrètes notre engagement pour un monde meilleur», a-t-il dit devant les députés turcs en annonçant un programme pour venir en aide aux pays dans le besoin.

Il a appelé Téhéran à choisir entre l'arme nucléaire et un avenir meilleur pour son peuple. «J'ai clairement fait savoir au peuple et aux dirigeants de la République islamique que les États-Unis recherchent une relation basée sur les intérêts et le respect mutuels», a-t-il souligné en Turquie, pays voisin de l'Iran. «Maintenant, les dirigeants iraniens doivent choisir s'il veulent construire une arme ou bâtir un avenir meilleur pour leur peuple», a-t-il dit.

À propos du Proche-Orient, il a affirmé que le processus d'Annapolis et la Feuille de route constituent la voie de la paix. «Laissez-moi être clair: les États-Unis soutiennent fermement l'objectif de deux États, Israël et la Palestine cohabitant dans la paix et la sécurité», a-t-il déclaré.

M. Obama a par ailleurs profité de son déplacement en Turquie pour soutenir, de nouveau, l'adhésion de ce pays à l'Union européenne. «Les États-Unis soutiennent fermement la candidature de la Turquie à l'UE», a-t-il dit, estimant qu'une entrée de la Turquie renforcerait le bloc européen. C'est la deuxième fois que M. Obama s'immisce dans le débat européen en moins d'une semaine, déplaisant à des pays européens comme la France qui ne proposent qu'un partenariat privilégié à Ankara.

Pendant ses entretiens avec les dirigeants turcs, le président Obama a insisté sur le caractère stratégique des relations entre les deux alliés, mises à mal en raison de l'occupation américaine de l'Irak, en 2003.

Le président Obama a en outre encouragé le dialogue entre la Turquie et l'Arménie, assurant que le processus de dialogue en cours «pourrait très vite porter ses fruits» vers une normalisation des relations entre les deux pays.

La Turquie et l'Arménie n'entretiennent pas de relations diplomatiques, et Ankara refuse de considérer comme un génocide les massacres d'Arméniens sous l'empire ottoman (1915-1917).

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