L'impasse perdure en Guadeloupe

Pointe-à-Pitre — Après cinq semaines de grève générale, le collectif LKP appelle à durcir le mouvement en Guadeloupe où les négociations salariales entre les syndicats, le patronat et l'État piétinent.

Les parties se sont séparées lundi après huit heures de discussions sans avoir trouvé d'accord, en raison toujours de l'opposition de l'État au financement des hausses de salaire.

Le LKP, qui estime que «l'État se débine», a annoncé hierla relance de la grève générale et des barrages routiers ont refait leur apparition sur l'île.

Hausse salariale

Le collectif «contre l'exploitation» réclame une revalorisation de 200 euros nets des bas salaires, mais fait face à l'opposition du Medef (le Mouvement des entreprises de France) et aux réticences de l'État. L'Union des chefs d'entreprise de Guadeloupe (UCEG) a suggéré que l'augmentation de 200 euros soit financée pour moitié sous forme de prêt par les entreprises et les collectivités d'une part, et pour moitié par l'État d'autre part via une franchise de cotisations sociales pour trois ans.

Les présidents socialistes du Conseil général Jacques Gillot et du Conseil régional Victorin Lurel ont annoncé dans une lettre aux partenaires sociaux qu'ils acceptaient d'apporter leur contribution pour une durée d'un an non reconductible.

La proposition de l'UCEG satisfait le LKP et cinq autres organisations patronales représentant plus des 3/4 des salariés guadeloupéens. Mais le Medef local la rejette.

Le préfet de région, Nicolas Desforges, a mis en doute la faisabilité de l'offre de l'UCEG. «Il est certain que cette franchise de cotisations salariales mettrait par terre le système de cotisation français», a-t-il dit. «Je crois qu'il faut être réaliste dans les demandes, tenir compte des règles de droit, des contraintes financières, des effets de contagion, tout ça mérite d'être pris en compte dans une réflexion gouvernementale sur les demandes formulées par le LKP», a-t-il ajouté.

Ces propos ont irrité le LKP et son chef de file, Elie Domota, a mis en garde contre une radicalisation du mouvement.

«On veut un engagement solennel et on ne va pas reprendre le travail. [...] Aujourd'hui, une fois de plus, l'État se débine et bien évidemment, si nous n'avons pas de réponse, je crois que les choses ne pourront que s'envenimer», a-t-il prévenu.

Le collectif aurait toutefois obtenu la création d'une vingtaine de postes d'enseignants pour le premier degré, l'une de ses revendications.