Guadeloupe - Reprise des négociations

La reprise hier des pourparlers amorcés la semaine dernière n’a pas empêché la tenue d’une manifestation à Pointe-à-Pitre.
Photo: Agence Reuters La reprise hier des pourparlers amorcés la semaine dernière n’a pas empêché la tenue d’une manifestation à Pointe-à-Pitre.

Paris — «Il n'y aura pas de miracle» en Guadeloupe, a déclaré hier François Fillon alors que les négociations salariales entre le collectif LKP, le patronat et l'État devaient reprendre sur l'île en proie à une grève générale depuis plus d'un mois.

Les protagonistes n'étaient guère optimistes sur l'issue des discussions qui ont été suspendues vendredi dernier sans avancées notables. Le chef de file du Collectif contre l'exploitation (LKP), Elie Domota, estimait dans Le Journal du Dimanche qu'on était «encore loin d'un accord». Même tonalité du côté du Medef. Le LKP réclame une revalorisation de 200 euros nets des bas salaires alors que le patronat propose une hausse d'environ 50 euros.

«Ils ont les éléments pour trouver une solution. C'est maintenant entre leurs mains que la situation repose», a souligné hier le premier ministre François Fillon. «Pour trouver une solution, il faut que chacun fasse un effort», a-t-il souligné, appelant chaque partie à «garder son sang-froid». «J'ai demandé au patronat guadeloupéen de faire un effort. Il faut aussi que les partenaires sociaux fassent un effort. Il n'y aura pas de miracle, ni apporté par Mme Royal, ni apporté par François Fillon.»

L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, a invité le chef du gouvernement à assister lui-même aux négociations sous peine d'une nouvelle «Révolution française».

La visite de Ségolène Royal en Guadeloupe, où elle est arrivée samedi pour trois jours, fait polémique. L'UMP locale l'a accusée de «récupération politicienne» après qu'elle eût assisté dimanche, près de Pointe-à-Pitre, aux obsèques de Jacques Bino, le syndicaliste guadeloupéen tué par balle mardi dernier.

Le secrétaire d'État à l'outremer, Yves Jégo, a regretté hier que le Parti socialiste «essaie de jeter de l'huile sur le feu». «Le PS joue la mouche de coche [...], je trouve que ce n'est pas très digne face à une crise dont chacun comprend bien qu'elle est compliquée», a-t-il dit sur LCI.