Préparation du sommet du G-20 - Les paradis fiscaux sont dans la ligne de mire des dirigeants européens

Le président français Nicolas Sarkozy, le premier ministre anglais Gordon Brown et la chancelière allemande Angela Merkel en discussion au sommet européen de Berlin.
Photo: Agence Reuters Le président français Nicolas Sarkozy, le premier ministre anglais Gordon Brown et la chancelière allemande Angela Merkel en discussion au sommet européen de Berlin.

Berlin — Les dirigeants des principales économies européennes ont plaidé hier à Berlin pour des «sanctions» contre les paradis fiscaux et le doublement des moyens du FMI.

Le premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union européenne, la chancelière allemande, Angela Merkel, le premier ministre néerlandais, Jan Peter Balkenende, le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, le premier ministre britannique, Gordon Brown, le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, et le président français, Nicolas Sarkozy, étaient réunis pour préparer le sommet du G-20 sur la réforme du capitalisme mondial prévu à Londres le 2 avril. Leurs positions doivent ensuite être avalisées par les 27 lors d'un prochain sommet européen.

Les paradis fiscaux se trouvaient hier dans la ligne de mire des Européens, qui ont réclamé en choeur des «résultats ambitieux» à Londres. «Il faut développer des mécanismes de sanction» contre les paradis fiscaux, a déclaré Angela Merkel, lors de la conférence de presse de clôture du sommet de Berlin.

«Il faut que ce soit fait de manière extrêmement concrète». Elle a ainsi souhaité que, «d'ici le 2 avril au plus tard» soient dressées «des listes» pour «montrer qui, concrètement, a refusé jusqu'à présent cette coopération internationale».

Le président français, Nicolas Sarkozy, a souligné la «nécessité de prévoir des sanctions à la clé de la nouvelle réglementation». Car «une nouvelle régulation sans sanctions, ça n'existerait pas». «Nous voulons en finir avec les paradis fiscaux», a martelé le président français.

Rôle du FMI

Les dirigeants européens réunis à Berlin ont également souhaité un renforcement du rôle du Fonds monétaire international (FMI). «Un doublement des ressources du FMI serait nécessaire pour pouvoir aider les pays qui en ont besoin», a déclaré la chancelière. Selon Gordon Brown, «les institutions financières doivent avoir au moins 500 milliards de dollars». Tous sont par ailleurs tombés d'accord sur la nécessité de règles d'encadrement du système financier et des fonds spéculatifs.

Selon des responsables allemands qui ont demandé l'anonymat, ces dirigeants sont convenus «qu'aucun marché financier, aucun produit financier, aucune partie prenante des marchés financiers ne doit être laissé sans réglementation, sans surveillance».

Les marchés financiers, y compris les hedge funds et les agences de notation, «doivent faire l'objet d'une régulation et d'un contrôle», a plaidé Mme Merkel.

Gordon Brown a également plaidé pour la «transparence pour toutes les institutions financières», y compris les hedge funds. Il faut «remonter tout le système financier et bancaire autour de principes intègres».

«Nous voulons tous que Londres soit un succès et nous sommes tous conscients que c'est une chance ultime, a déclaré Nicolas Sarkozy. Nous ne pouvons pas nous permettre un échec à Londres. L'Europe veut la refondation du système, a-t-il insisté. Il ne s'agit pas de mesures de surface» au sommet du G-20.

«Nous avons besoin d'un new deal international pour que l'économie mondiale soit relancée», a ajouté Gordon Brown.

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