Espagne - L'ETA se fait menaçante

Madrid — Anticipant hier de quelques mois son 50e anniversaire, l'ETA a exprimé hier sa volonté de «continuer à lutter» par «tous les moyens» pour l'indépendance du Pays Basque, laissant prévoir la poursuite de ses attentats, à un mois pile des élections régionales basques.

L'organisation armée appelle en même temps les indépendantistes basques à «unir leurs forces» pour «prendre le chemin de l'indépendance par des voies pacifiques et démocratiques», dans un communiqué au journal indépendantiste bas-que Gara.

L'ETA, jugée responsable de 825 morts en 40 ans de violences, souligne que cet objectif est contrecarré par «les États ennemis [l'Espagne et la France] qui ne montrent pas la moindre volonté» de reconnaître le droit des Basques à l'autodétermination.

«En attendant, nous devrons continuer à lutter de toutes nos forces et par tous les moyens», ajoute l'ETA.

Ce message a été rendu public juste un mois avant les élections régionales du 1er mars au Pays Basque susceptibles de déboucher sur un séisme politique.

Les socialistes semblent en effet pour la première fois en mesure, selon les sondages, de briser l'hégémonie du Parti nationaliste basque (PNV, centre-droit) qui dirige la région sans interruption depuis 1980.

Les partis indépendantistes radicaux qui refusent de condamner la violence de l'ETA et représentent environ 10 % de l'électorat basque, seront exclus de ce scrutin, à commencer par Batasuna, son bras politique interdit.

Le gouvernement a ainsi donné hier en conseil des ministres son feu vert au lancement de la procédure visant à écarter des élections deux récentes formations indépendantistes («Démocratie 3 000 000» (D3M) et Askatasuna), soupçonnées d'être des paravents de Batasuna et d'autres formations interdites.

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