«Permis de tuer» les narcotraficants

Berlin — Le débat sur le rôle de l'OTAN dans la lutte contre le trafic de drogue en Afghanistan a rebondi hier avec la divulgation par le site internet du magazine allemand Der Spiegel d'une lettre de son commandant en chef appelant à éliminer les narcotrafiquants.

L'OTAN a confirmé l'existence mais pas le contenu de cette lettre d'«orientation» du général américain John Craddock révélée par le site SpiegelOnline.

La lettre en question, selon le SpiegelOnline, ordonne de traquer désormais «tous les trafiquants de drogue et leurs installations» et autorise à recourir aux moyens les plus extrêmes, donc à les tuer.

«Il n'est plus nécessaire [...] de prouver que chaque trafiquant ou installation de drogue en Afghanistan remplit les critères d'un objectif militaire», autrement dit qu'ils ont des liens avec les talibans insurgés contre le gouvernement de Kaboul, écrit le général Craddock, toujours cité par le SpiegelOnline.

La directive a été adressée le 5 janvier aux deux généraux qui dirigent la force internationale dirigée par l'OTAN en Afghanistan (ISAF), l'Allemand Egon Ramms, basé au QG régional de l'OTAN à Brunssum, aux Pays-Bas, et l'Américain David McKiernan, qui commande sur le terrain.

Mais les deux généraux ont refusé de suivre la consigne, l'estimant contraire au droit international et aux règles en vigueur au sein de l'ISAF qui agit sur mandat de l'ONU, écrit le SpiegelOnline.

Le général Craddock serait du coup «très en colère», en particulier contre l'Allemand Ramms et contre l'Allemagne, accusée de faire obstruction à toute politique «agressive» à l'égard des trafiquants.

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