La tempête a fait au moins huit morts - Le sud-ouest de la France tente de se relever

Le pieds dans l’eau! Dans les Landes, la forêt, poumon économique, est ravagée à 60 % ou 70 %, comme ici à La Réole.
Photo: Agence France-Presse (photo) Le pieds dans l’eau! Dans les Landes, la forêt, poumon économique, est ravagée à 60 % ou 70 %, comme ici à La Réole.

Bordeaux — Le sud-ouest de la France tente de se relever de la tempête du week-end qui a fait au moins huit morts et des dégâts considérables, surtout dans les forêts.

Le premier ministre, François Fillon, a déclaré que l'électricité et le trafic ferroviaire devraient être rétablis en fin de semaine dans la région et que l'état de catastrophe naturelle serait annoncé aujourd'hui.

Les assureurs ont estimé provisoirement les dommages à des centaines de millions d'euros, un montant nettement inférieur toutefois aux sept milliards qu'avait coûté la tempête de 1999. À l'époque, 92 personnes étaient mortes dans deux tempêtes.

Hier après-midi, 427 000 clients d'EDF étaient toujours privés d'électricité, dont 308 000 en Aquitaine, 96 000 en Midi-Pyrénées et 23 000 en Languedoc-Roussillon, selon le gestionnaire du réseau, ERDF.

«L'objectif, c'est plus de 90 % des personnes raccordées qui retrouvent l'électricité d'ici la fin de la semaine, c'est-à-dire dimanche», a dit le p.-d.g. d'EDF, Pierre Gadonneix. La situation est plus difficile dans le département des Landes où «nous visons 80 % d'ici dimanche», a-t-il ajouté au micro de France Info.

Épaulés par l'armée appelée en renfort, pompiers, électriciens et cheminots s'efforcent de dégager les axes routiers et les voies ferrées, de réparer les réseaux électriques et de venir en aide aux habitants sinistrés dans plusieurs départements.

Selon le ministère de l'Intérieur, la tempête et ses conséquences ont fait huit morts.

Quatre décès ont été provoqués par la chute d'objets ou d'arbres abattus par le vent qui a parfois soufflé à plus de 180 km/h. Quatre autres personnes sont mortes intoxiquées par du monoxyde de carbone émis par des groupes électrogènes.

La préfecture des Landes a fait état d'un autre décès dans le département, une personne âgée retrouvée en état d'hypothermie dans son jardin, ce qui porterait à neuf le nombre de morts (quatre dans les Landes, deux dans les Pyrénées-Orientales, un en Gironde, deux en Dordogne).

EDF a déployé 3000 personnes dans les zones touchées, appuyées par des électriciens venus en renfort de Grande-Bretagne, d'Allemagne et du Portugal. Un millier de personnes travailleront dans les prochains jours exclusivement sà la remise en état du réseau électrique dans les Landes où 650 militaires sont attendus à partir d'aujourd'hui.

Le réseau de distribution d'eau potable, qui fonctionne à l'électricité, est touché, tout comme celui des télécommunications. Hier, quelque 200 000 foyers étaient privés de téléphone fixe contre 300 000 dimanche.

Les lignes ferroviaires Bordeaux-Agen-Toulouse et Tarbes-Toulouse ont été rétablies, ainsi que les axes Paris-Bordeaux, Paris-Toulouse, et Toulouse-Montpellier.

Le Sud-Ouest se prépare désormais à des inondations puisque Météo France a mis en garde contre des risques de crues dans huit départements: Charente, Charente-Maritime, Dordogne, Gironde, Lot-et-Garonne, Landes, Gers et Hautes-Pyrénées.

De nombreux établissements scolaires étaient fermés hier dans les Pyrénées-Orientales, la Haute-Garonne, les Landes, le Lot-et-Garonne et la Gironde, à l'exception de Bordeaux.

Les conséquences de la tempête inquiètent particulièrement les sylviculteurs, qui craignent un bilan encore plus dramatique qu'après la grande tempête de décembre 1999, lorsque près de 150 000 hectares de forêt avaient été détruits. Dans les Landes, la forêt, poumon économique, est ravagée à 60 % ou 70 %.

Le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, a annoncé un «plan spécifique pour valoriser la forêt» et doit réunir aujourd'hui les acteurs de la filière bois.

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