L'Espagne et la France se mobilisent contre les dégâts causés par la tempête

Des ouvriers s’affairent à enlever les branches d’un arbre tombé sur le toit en tuiles d’une maison de Cap-Ferret, dans le sud-ouest de la France, où les vents ont atteint jusqu’à 180 km/h.
Photo: Agence Reuters Des ouvriers s’affairent à enlever les branches d’un arbre tombé sur le toit en tuiles d’une maison de Cap-Ferret, dans le sud-ouest de la France, où les vents ont atteint jusqu’à 180 km/h.

Barcelone, Espagne — Des milliers de secouristes en Espagne et en France tentaient hier de réparer les réseaux électrique et ferroviaire endommagés après la violente tempête Klaus qui a balayé le sud-ouest de l'Europe, faisant 21 morts.

En Espagne, les trois incendies de forêt provoqués ou attisés par les vents violents dans l'est du pays étaient finalement maîtrisés hier soir après avoir détruit plus de 1100 hectares, selon un porte-parole des services de secours.

Dans ce pays, la tempête a fait douze morts, dont quatre enfants tués dans l'effondrement samedi d'un gymnase à Sant Boi de Llobregat, près de Barcelone.

Hier, elle a atteint l'Italie, où une femme a été emportée par la mer alors qu'elle se promenait sur une plage de la côte amalfitaine.

En France

En France, quatre personnes ont péri, intoxiquées par des émanations de monoxyde de carbone dégagées par des groupes électrogènes, rendus nécessaires par les coupures de courant. Au total, huit personnes sont mortes depuis samedi.

Quelque 1000 agents renforcés par des équipes venues d'Allemagne, d'Angleterre et du Portugal ont été mobilisés pour rétablir le réseau électrique «d'ici à cinq jours».

Les réseaux qui permettent le transport d'électricité entre les deux pays ont été fragilisés à la suite de cette tempête «exceptionnelle» qui a touché le sud-ouest de la France et le nord de l'Espagne.

Les gestionnaires des réseaux de transport d'électricité, le français RTE et l'espagnol Red Electrica Espana (REE), «ont renforcé leur collaboration pour, de manière solidaire, faire face à cette situation», selon un communiqué de RTE.

L'opérateur ERDF (Électricité Réseau Distribution France) a indiqué que le réseau était «fortement endommagé», avec environ 800 000 foyers toujours privés d'électricité hier dans quatre régions du sud du pays.

Par endroits, a-t-il précisé, cette tempête «est supérieure en intensité à celle de 1999» qui avait provoqué la mort 92 personnes et des dégâts matériels estimés à sept milliards d'euros.

Et la Société des chemins de fer SNCF a mobilisé un millier d'agents pour intervenir sur les lignes touchées par la tempête. Plus de 400 passages à niveau ont été déclarés hors service faute d'alimentation électrique alors que des voies ont été obstruées par des arbres arrachés par le vent.

De son côté, France Télécom a également mobilisé 1000 techniciens pour réparer les «dégâts considérables» sur son réseau et dépanner ainsi 300 000 clients privés de téléphone fixe hier soir dans le sud-ouest du pays.

La tempête a également eu des «conséquences dramatiques» pour les forêts, en particulier dans le massif des Landes (1 million d'hectares) où les vents ont «été aussi forts qu'en 1999», selon la secrétaire d'État à l'Écologie, Chantal Jouanno.

Selon le syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest, la tempête a ravagé 60 % de la forêt dans le sud de la Gironde et les Landes.

En visite dans les zones sinistrées, le président Nicolas Sarkozy a annoncé que l'armée de Terre allait être mobilisée pour prêter main-forte aux secouristes.

En Italie

En Italie, les liaisons entre la Sicile et les plus petites îles comme Lampedusa et Pantelleria ont été interrompues hier en raison du mauvais temps marqué par des vents forts et des pluies incessantes.

Deux bateaux qui étaient partis du port de Palerme, avec respectivement 121 et 227 passagers, à destination de la Tunisie, ont rebroussé chemin peu après leur départ en raison d'une mer difficile.

Les centres météorologiques prévoyaient une nouvelle aggravation du temps aujourd'hui.

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