L'Union européenne souhaite que les factions palestiniennes se réconcilient

Le ministre des Affaires étrangères égyptien, Ahmed Aboul Gheit, en compagnie du chef de la diplomatie palestinienne, Riyad al-Maliki.
Photo: Agence Reuters Le ministre des Affaires étrangères égyptien, Ahmed Aboul Gheit, en compagnie du chef de la diplomatie palestinienne, Riyad al-Maliki.

Bruxelles — L'Union européenne a appelé hier soir les Palestiniens à se réconcilier et à mettre en place un gouvernement d'union nationale, sans pour autant préciser ses intentions quant à un éventuel dialogue avec le Hamas.

L'Égypte a de son côté demandé aux ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept de s'impliquer très vite dans la reconstruction de Gaza et a annoncé l'organisation d'une conférence des donateurs autour du 28 février.

«Nous travaillons le plus fort possible à l'établissement d'un dialogue entre les factions palestiniennes [...] pour réunir les deux territoires, la Cisjordanie et Gaza», a déclaré le chef de la diplomatie palestinienne, Riyad al-Maliki, à l'issue de cette rencontre à laquelle participaient également ses homologue égyptien, jordanien, turc et norvégien.

«Il est très clair depuis le début qu'il existe un scénario de séparation entre la Cisjordanie et Gaza [...] Ceci n'arrivera pas car cela ne sera jamais accepté par les pays arabes. Il n'y a qu'une seule Autorité palestinienne», a-t-il poursuivi.

À leur arrivée à la réunion, les ministres européens des Affaires étrangères avaient défendu à l'unisson cette réconciliation palestinienne et appelé de leurs voeux la mise en place d'un gouvernement de «consensus national», selon les mots de l'Espagnol Miguel Angel Moratinos.

«À partir de là, les Palestiniens devront décider de ce qu'ils veulent faire. Le Hamas sait quelle est la voie que l'Europe considère comme raisonnable. Et ce que doivent faire les Palestiniens, c'est de mener à bien ce dialogue et parvenir à ce consensus» entre Hamas et Fatah, a ajouté le ministre espagnol.

La France avait indiqué ces derniers jours qu'un dialogue avec le Hamas pourrait s'avérer nécessaire et utile pour dépasser les tensions actuelles, une position qui fait débat au sein du bloc communautaire.

Rôle central

Le chef de la diplomatie égyptienne, qui s'est beaucoup impliqué aux côtés des Européens pour parvenir à un cessez-le-feu à Gaza, a quant à lui estimé que l'UE avait un rôle central à jouer dans le processus de reconstruction du territoire palestinien, ravagé par des mois de blocus économique et 22 jours d'offensive israélienne.

Ahmed Aboul Gheit a par ailleurs évoqué l'organisation d'une conférence des donateurs et avancé la date du 28 février. «Elle aura lieu une fois l'ampleur des destructions évaluée [...] Elle aura une dimension humanitaire. Je suis favorable à l'organiser au niveau des ministres des Affaires étrangères pour lui donner une teinte politique», a-t-il indiqué.

Il a par la suite précisé qu'il espérait que d'ici là un gouvernement palestinien d'union Fatah-Hamas puisse être formé, éludant la question de l'utilisation des fonds.

«L'Europe joue un rôle très important. Il y a un grand espoir que l'Europe et l'Union européenne puisse atténuer les souffrances [...] Je demande à l'UE de faire très très vite pour reconstruire et aider les Palestiniens à sortir de cette crise», avait-il déclaré à son arrivée à Bruxelles, appelant les Européens à faire pression sur Israël pour une réouverture complète des points de passage à Gaza.

Lutte contre la contrebande

Tzipi Livni s'était engagée mercredi à Bruxelles à ce qu'Israël permette l'entrée dans le territoire palestinien de la nourriture et des médicaments mais elle refuse toute réouverture des frontières.

Elle a par ailleurs appelé les Européens à participer à la lutte contre la contrebande d'armes dans la région.

Jusqu'à la prise du contrôle du Hamas dans la bande de Gaza, en juin 2007, l'UE assumait une mission de surveillance et de contrôle du point de passage de Rafah, à la frontière avec l'Égypte. Les Européens se sont déclarés prêts à réactiver cette mission lancée en 2005, mais soulignent que la scission interpalestinienne freine tout accord.

De sources européennes autorisées, on précise que le champ d'action de l'UE est limité, Le Caire refusant toujours une présence étrangère sur son sol pour contrôler les réseaux qui permettent de faire entrer des marchandises, dont des armes, dans la bande de Gaza.

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