Turquie - Nouveau coup de filet dans l'affaire Ergenekon

Istanbul — Trente suspects, dont huit cadres militaires, un officier et huit agents de police, ont été arrêtés hier en Turquie dans le cadre de l'enquête sur le réseau nationaliste Ergenekon, soupçonné de complot contre le pouvoir, selon la presse locale.

Un lieutenant de l'armée est en outre recherché dans l'ouest du pays, rapportait hier l'Agence de presse anatolienne. Un cadre régional de la police et un autre officier ont par ailleurs été transférés d'Antalya à Istanbul pour interrogatoire.

Quatre-vingt-six prévenus, dont plusieurs officiers supérieurs à la retraite, des hommes politiques et des avocats sont jugés depuis le mois d'octobre dans le cadre de cette affaire qui menace la stabilité de la Turquie.

Ils sont soupçonnés d'avoir préparé des assassinats et des attentats à la bombe afin de provoquer une intervention de l'armée et le renversement du gouvernement dirigé par le parti de centre-droit AKP, issu de la mouvance islamiste.

Garante sourcilleuse de la laïcité héritée d'Atatürk, la haute hiérarchie militaire, qui a fait tomber quatre gouvernements élus au cours des 50 dernières années, récuse tout lien avec Ergenekon.

L'interpellation, depuis le début du mois de plusieurs dizaines de suspects, parmi lesquels figurent des officiers en activité, a exacerbé les tentions entre l'armée et le gouvernement. Selon ses détracteurs, l'AKP chercherait par ce vaste coup de filet à se venger de la procédure judiciaire menée en 2008 en vue de sa dissolution.

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