Grâce à la crise - Brown en pleine euphorie

Gordon Brown
Photo: Agence France-Presse (photo) Gordon Brown

Le premier ministre britannique Gordon Brown a confirmé son regain de popularité jeudi à l'occasion d'une législative partielle en Écosse qui a vu les travaillistes l'emporter. La victoire, annoncée tôt hier matin, confirme que Brown, ancien chancelier de l'Échiquier, a profité de la crise financière pour redorer son blason dans l'opinion britannique, alors qu'au sein même de son propre parti certains dirigeants demandaient son départ il y a quelques semaines.

Il y a quelques semaines à peine, il était usé, étrillé par les sondages, contesté dans son propre parti... Jeudi, lors d'une élection partielle, le premier ministre britannique Gordon Brown a sauvé son avenir politique, au moins provisoirement. Par 55 % des voix, contre 36 % au Scottish National Party, le Labour a conservé haut la main sa circonscription écossaise de Glenrothes, au nord d'Édimbourg, que sondages, bookmakers et stratèges politiques travaillistes donnaient perdue d'avance.

Un an et demi après l'arrivée à Downing Street de Brown, qui avait succédé à Tony Blair, la partielle de Glenrothes était considérée comme un test capital pour l'avenir du premier ministre après une succession de défaites: aux municipales de mai (plus mauvais score travailliste depuis 40 ans), puis en juillet, dans une autre partielle à Glasgow-Est, fief travailliste réputé imprenable mais perdu au profit des nationalistes écossais.

En septembre, la rentrée avait été violente pour Brown, les sondages le plaçant 20 points derrière les conservateurs pour les élections générales prévues au printemps 2010. Et la grogne montait chez les députés de base, inquiets d'une «vague bleue» conservatrice qui aurait laminé leur groupe à la Chambre des communes. Juste avant le congrès du parti, le 23 septembre, un groupe d'une douzaine de députés avait même appelé à un «changement de leader». Sans succès, mais ils étaient de plus en plus écoutés chez les militants.

Aujourd'hui, le «remarquable come-back» de Gordon Brown, comme le qualifie The Times, ayant peu de sympathie pour le premier ministre, remet le Labour dans la course. Au point que plus personne n'exclut qu'il déclenche des élections anticipées pour profiter de l'embellie.

Entre-temps, il y a eu le tsunami boursier, et la rapide réaction de Londres pour le contenir: baisse massive du taux d'intérêt de la Banque centrale, plan de sauvetage des banques incluant une recapitalisation avec l'argent de l'État, approuvée même par une opposition devenue inaudible. Dans les sondages, celui qui fut, pendant dix ans, le ministre de l'Économie de Tony Blair est jugé par les Britanniques comme le plus capable de combattre la crise.

«Ce que j'ai appris de cette élection partielle, disait Gordon Brown hier, c'est que les gens sont prêts à soutenir les gouvernements qui leur offrent une véritable aide.»

C'est d'autant plus une victoire personnelle que Gordon Brown est allé par deux fois soutenir le candidat travailliste à Glenrothes, rompant avec la tradition qui veut qu'un premier ministre en exercice n'intervienne pas dans les partielles. L'euphorie est revenue chez les travaillistes, qui serrent les rangs derrière leur patron.

«Avec Gordon Brown, le Labour a gagné ici, avec Gordon Brown la Grande-Bretagne est forte, s'est enflammé le nouveau député de Glenrothes, Lindsay Roy. Je m'engage à soutenir le leader de ce pays.»