Béatification de Pie XII : la polémique enfle

Cité du Vatican — La polémique enfle sur le projet de béatification du pape Pie XII, accusé par ses détracteurs d'avoir gardé le silence sur le sort des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Après la mise en garde du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) vendredi, le président honoraire des communautés juives d'Italie, Amos Luzzatto, estimait dans La Repubblica d'hier que Pie XII, pape de 1939 à 1958, aurait dû se prononcer ouvertement contre la déportation des juifs pendant la guerre.

Il a ajouté que sa béatification, dernière étape vers la canonisation, ouvrirait entre juifs et chrétiens «une blessure difficile à refermer».

«S'ils veulent béatifier Pie XII avant d'avoir balayé tous les doutes sur son silence [sur l'Holocauste], ils peuvent le faire, mais le Vatican doit savoir que pour la communauté juive cela ouvrirait une blessure difficile à refermer», a-t-il dit.

Samedi, le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, a publié une déclaration invitant juifs et catholiques à éviter les «pressions» sur le procès en béatification de Pie XII. Cette intervention, très inhabituelle, faisait suite aux déclarations du père Peter Gumpel, un jésuite promoteur de la cause de béatification, selon lequel le pape Benoît XVI a demandé «une période de réflexion» sur le sujet afin de ne pas compliquer les relations avec la communauté juive.

Pour le père Gumpel, le pape ne peut pas non plus se rendre en Israël tant que ne sera pas rectifiée au musée de l'Holocauste de Yad Vashem, à Jérusalem, la légende qui accompagne la photographie de Pie XII et évoque sa prétendue passivité face au sort des juifs.

Le 9 octobre, pour le 50e anniversaire de la mort de Pie XII, Be-

noît XVI a souhaité qu'aboutisse le procès en béatification et a défendu l'attitude de son prédécesseur face aux persécutions dont ont été victimes les juifs pendant la guerre.

Lors d'une messe en mémoire de Pie XII, Benoît XVI a déclaré que ce pape avait oeuvré «secrètement et en silence» pendant tout le conflit pour «éviter le pire et sauver le plus grand nombre possible de juifs».
1 commentaire
  • Gebe Tremblay - Inscrit 22 décembre 2009 17 h 37

    Repprocher à un Pape de ne pas avoir menti ?

    Le mensonge est peut-être toléré par le judaïsme, mais condamné par le christiannisme.

    Si Pie XII n'a rien dit, c'est qu'il n'y avait rien à dire.

    Il avait à son chevet toutes les oreilles et bouches polonaises pour l'informer sur les faits et la propagande.