Moscou restreint le rôle des observateurs en Géorgie

Javier Solana
Photo: Agence Reuters Javier Solana

Les observateurs européens du cessez-le-feu en Géorgie n'auront pas accès pour le moment à la zone de sécurité établie par l'armée russe au sud de l'Ossétie du Sud, a déclaré un porte-parole militaire.

«À partir de demain [mercredi], les représentants de l'Union européenne entameront des missions d'observation jusqu'aux limites sud de la zone de sécurité», a déclaré Vitali Manouchko, chef du centre de presse temporaire de la force russe de maintien de la paix déployée dans la région.

En vertu d'un accord de retrait négocié par la France après le conflit russo-géorgien du début du mois d'août, l'armée russe doit se retirer d'ici au 10 octobre des deux zones de sécurité situées en limite de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, régions sécessionnistes géorgiennes qui ont proclamé leur indépendance.

Manouchko a expliqué que les responsables russes et européens, qui se sont rencontrés hier dans le village géorgien de Karaleti, n'étaient pas parvenus à s'entendre sur des modalités techniques et logistiques. Un accord aurait permis l'entrée des observateurs dans la zone de sécurité dès mercredi, mais les discussions se poursuivent, a-t-il ajouté.

La mission européenne compte plus de 300 personnes — observateurs civils et membres du personnel logistique. Un responsable européen a indiqué lundi qu'elle avait achevé son déploiement et serait prête à la date prévue du 1er octobre.

Les observateurs de l'UE ne sont pas armés, mais disposeront de véhicules blindés légers pour assurer leur protection. Ils doivent être basés dans quatre bureaux de campagne — dans la capitale Tbilissi, à Gori juste au sud de l'Ossétie du Sud, à Zougdidi près de la frontière abkhaze et dans le port de Poti, sur la mer Noire, d'où les forces russes se sont retirées début septembre.

En visite à Tbilissi, le porte-parole de la diplomatie européenne, Javier Solana, s'est dit «optimiste» de voir Moscou se conformer aux dispositions de l'accord de cessez-le-feu et de retirer ses troupes de la zone de sécurité à la date du 10 octobre. «Je suis confiant que toutes les parties vont respecter l'accord qui a été signé», a-t-il dit.

Les discussions entre Russes et Européens portent maintenant sur les modalités du retrait russe et sur la nature des opérations de patrouille dans la zone de sécurité à partir d'aujourd'hui.

«Des discussions techniques sont en cours», a commenté un responsable de la mission. «L'idée n'a jamais été que les Russes se retirent complètement au 1er octobre. On va leur laisser le temps de plier bagages et de se retirer.» «Nous ne nous attendions pas à circuler dans la zone de sécurité dès le 1er octobre», a ajouté ce responsable.

La Géorgie a accusé la Russie «d'essayer de faire durer la procédure» et a précisé que le compte-à-rebours de 10 jours pour le départ des Russes débutait aujourd'hui.