La mobilisation se poursuit - Le fichier Edvige en sursis après l'intervention de Sarkozy

Paris — L'avenir du fichier de police Edvige, destiné notamment à recenser les élus et les militants syndicaux ou associatifs, est devenu incertain hier après l'intervention de Nicolas Sarkozy qui souhaite des aménagements afin de «préserver les libertés publiques».

Le collectif de syndicats et d'associations opposés à ce fichier, qui maintient une journée d'action le 16 octobre, jour de la Sainte-Edwige, estime que le retrait du décret paru le 1er juillet ayant créé ce fichier est un «préalable à l'ouverture d'un débat parlementaire». Il appelle dans un communiqué «les défenseurs des libertés à amplifier la mobilisation».

Dans l'opposition, le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, et le président du MoDem, François Bayrou, ont aussi demandé l'abrogation du décret et un réexamen du dossier par le Parlement, une option approuvée par le président UMP de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer.

Après une réunion impromptue à l'Elysée mardi soir avec le premier ministre, François Fillon, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, et des responsables policiers, la présidence de la République a fait savoir que Nicolas Sarkozy avait demandé l'ouverture d'une «concertation qui devra être suivie de décisions pour protéger les libertés».

Le chef de l'État souhaite l'abandon des possibles mentions concernant la santé et la sexualité des personnes fichées et remet en cause le bien-fondé de ficher des personnalités.

L'UMP a appuyé cette prise de position en estimant que les mentions sur la santé et l'orientation sexuelle n'ont «rien à faire dans un tel fichier». Le parti majoritaire demandait hier dans un communiqué «que soit posée la question du fichage des personnalités, obsolète à l'heure où Internet procure des informations immédiates sur les personnes publiques».

Nicolas Sarkozy a pris de court son premier ministre, qui avait la veille critiqué les réserves émises sur Edvige par son ministre de la Défense, Hervé Morin, coupable à ses yeux de «créer des suspicions là où elles n'existent pas».

Michèle Alliot-Marie est allée sur le plateau du journal du soir de TF1 mardi et dit qu'elle envisageait de renvoyer le dossier devant le Parlement. Le matin même, elle avait limité les concessions à une limitation dans le temps du fichage des personnes mineures.

François Hollande dit attendre maintenant du président de la République, «puisque c'est lui qui a fait ce mouvement de recul, [...] qu'il aille jusqu'au bout. Le décret doit être retiré.»

À voir en vidéo