Madrid porte un autre dur coup à l'ETA

Arkaitz Goikoetxea lors de son arrestation
Photo: Agence Reuters Arkaitz Goikoetxea lors de son arrestation

Madrid — La garde civile espagnole a infligé, hier, au groupe basque armé ETA le coup le plus sévère depuis l'arrestation d'une partie de sa direction en mai à Bordeaux, en démantelant sa structure la plus active, le commando Biscaye.

«Nous ne pouvons pas assurer que c'est l'unique commando de l'ETA» en activité, «mais c'est le plus actif, le plus dynamique et le plus recherché», a commenté le ministre espagnol de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba. Ce commando «est derrière la grande majorité des attentats» commis au nom de l'ETA ces derniers mois, a indiqué le ministre.

Parmi les neuf personnes interpellées à l'occasion de ce coup de filet figure Arkaitz Goikoetxea Basabe, membre de l'ETA connu et recherché par la police, considéré comme chef, coordinateur et animateur du commando Biscaye.

Les huit autres personnes interpellées, toutes âgées d'une vingtaine d'années, n'ont aucun antécédent judiciaire et travaillaient secrètement pour l'organisation tout en menant une vie apparemment normale.

Le groupe Goikoetxea est soupçonné d'avoir tué le garde civil Juan Manuel Pinuel-Villalon dans un attentat à la bombe contre une caserne le 14 mai dernier, l'une des attaques les plus spectaculaires des séparatistes basques depuis leur rupture d'un cessez-le-feu proclamé unilatéralement en juin 2007. Depuis janvier 2007, la police espagnole a arrêté 306 personnes accusées de liens avec l'ETA.

Le gouvernement socialiste de Jose Luis Rodriguez Zapatero assure avoir porté des coups sévères à l'organisation classée comme terroriste par l'Union européenne et les États-Unis grâce à l'arrestation de nombre de ses hauts dirigeants. L'ETA n'en a pas moins revendiqué cette année plus de dix attaques et deux assassinats.

L'annonce des arrestations intervient deux jours après l'explosion de quatre bombes, dimanche, sur des plages de la région de Cantabrie, dans le nord de l'Espagne. Les explosions n'ont fait aucune victime, les autorités ayant reçu au préalable un appel téléphonique anonyme revendiquant ces attentats au nom de l'ETA.

Les arrestations ont eu lieu à Bilbao et dans les localités voisines d'Elorrio et de Getxo. Un membre de la cellule a été capturé à Malaga, dans le sud, et un autre à Pontevedra, en Galice, dans le nord-ouest. L'enquête sur les activités du groupe reste cependant ouverte.

L'ETA a déclaré un cessez-le-feu en mars 2006, ouvrant l'espoir de négociations pour mettre fin à 40 ans de lutte armée pour la création d'un État basque indépendant. Mais la mort de deux personnes dans un attentat à l'aéroport de Madrid en décembre 2006 a conduit le gouvernement Zapatero à rompre les discussions.

Le président du gouvernement espagnol a, depuis, exclu tous nouveaux pourparlers de paix et déclaré que la seule issue pour le groupe était une reddition sans conditions. Francisco Javier Lopez Pena, chef présumé de l'ETA, a été capturé dans le sud-ouest de la France le 21 mai dernier.