Fin du processus de paix en Espagne - L'ETA reprend les armes

Madrid — L'organisation séparatiste basque ETA a annoncé hier sa décision de reprendre les armes, enterrant définitivement le processus de paix engagé l'an dernier par le chef du gouvernement socialiste espagnol.

José Luís Rodríguez Zapatero a qualifié d'erreur la décision de l'ETA de rompre son cessez-le-feu permanent. Cette rupture sonne comme un échec politique personnel pour le chef du gouvernement, qui avait fait de la paix au Pays basque la priorité de son mandat.

L'ETA «recommence à se tromper», a déclaré M. Zapatero. «Cette décision est radicalement opposée au chemin souhaité par la société basque et la société espagnole».

Dans un communiqué remis aux quotidiens indépendantistes basques Gara et Berria, l'ETA a annoncé la fin de son cessez-le-feu entamé le 24 mars 2006. «Les conditions démocratiques minimales ne sont pas réunies pour poursuivre le processus de négociations» engagé en 2006 par le gouvernement espagnol, a expliqué l'ETA.

Le mouvement armé a prévenu qu'à partir d'aujourd'hui il défendrait le Pays basque «avec les armes et sur tous les fronts», laissant prévoir de nouveaux attentats.

Les indépendantistes radicaux défendent l'autodétermination pour un territoire basque composé de la Communauté autonome du Pays basque espagnol, de la Navarre (nord de l'Espagne) et du Pays basque français (sud-ouest).

Dans son communiqué, l'ETA justifie sa rupture en accusant le gouvernement «d'avoir répondu au cessez-le-feu par la poursuite des détentions, des tortures et des persécutions».

Le communiqué dénie toute légitimité aux élections municipales «antidémocratiques» du 27 mai au Pays basque, dont ont été écartés des candidats proches de son bras politique interdit, Batasuna.

Il attaque aussi durement M. Zapatero tout comme les responsables du Parti nationaliste basque (PNV), au pouvoir au Pays basque.

Le leader de Batasuna, Arnaldo Otegi, a pareillement accusé le gouvernement espagnol et le PNV d'être responsables de «l'échec» et de «l'effondrement» du processus de paix.

Cette rupture de trêve fait peser à nouveau une menace sur les quelque 2000 personnes protégées par des gardes du corps, principalement au Pays basque et à Madrid, par crainte des actions de l'ETA.