Le local montréalais de Sarkozy en zone floue

Le local électoral ouvert à Montréal par les partisans de Nicolas Sarkozy se trouve en zone floue. Alors que la loi française proscrit toute «propagande électorale à l'étranger», des adversaires se demandent si le bureau montréalais de M. Sarkozy est bien légal. Paris, elle, hésite.

La branche montréalaise du Parti socialiste (PS) de la candidate Ségolène Royal, adversaire de M. Sarkozy dans la course à la présidentielle française, se pose des questions. «Selon notre interpréation de la loi, ce serait illégal, indique Malik Dussaud, secrétaire du PS à Montréal. Mais en même temps, la loi n'est pas claire et il y a place à interprétation.»

C'est visiblement ce qu'en pense l'ambassade. Quatre jours après une première demande logée par Le Devoir, aucune réponse précise n'était disponible hier. «Nous attendons toujours de voir ce que Paris en pense», mentionne Frédéric Paruta, chef du service de presse du consulat de Montréal. Nous suivons la situation de près et avons informé les autorités françaises des initiatives prises par les différents comités de soutien aux candidats.»

À Ottawa, on a refusé de commenter un dossier qui relève de la Commission nationale de contrôle de la campagne en vue de l'élection présidentielle. «Les régles ont été rappelées aux équipes», précise-t-on toutefois.

Vendredi dernier, des partisans de Nicolas Sarkozy avait convié la presse à l'ouverture d'un petit local situé rue Van Horne, dans Outremont. «Une première au Québec», indiquait-on alors fièrement. Au PS, on a tiqué: que fait-on dans un local électoral, sinon que de la promotion politique?

Hier, la directrice de la campagne de M. Sarkozy à Montréal assurait que tout est bien légal. «C'est un bureau d'information, mais il faut vraiment entrer à l'intérieur pour voir le nom de Nicolas Sarkozy sur une affiche, explique Khadija Doukali. Nous n'avons distribué aucun tract, au contraire du Parti socialiste, et notre local respecte les règles établies. Les seules affiches qu'on voit de l'extérieur sont celles de l'UMP (le parti de M. Sarkozy), qui est une association à but non-lucratif», dit-elle.

En attendant de voir si les autorités confirmeront cette interprétation des règles à suivre, des représentants des quatre principaux candidats à l'élection du 21 avril se retrouveront demain, à 15h30, à l'Union française, pour un dernier débat avant le vote. C'est la première fois qu'un représentant du Front national (l'extrême droite de Jean-Marie Le Pen) se joindra aux porte-parole de Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou.

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