La présidentielle française - À l'assaut des millions d'indécis

À 12 jours du premier tour, les affiches électorales sont apparues dans les rues de la France.
Photo: Agence Reuters À 12 jours du premier tour, les affiches électorales sont apparues dans les rues de la France.

Paris — À 12 jours du premier tour, les candidats à la présidentielle française tentaient hier de convaincre les millions d'indécis, alors que c'est la campagne de Nicolas Sarkozy (droite) qui est jusqu'à présent jugée la plus efficace, et non celle de la socialiste Ségolène Royal.

Après le repos du week-end de Pâques, les 12 candidats ont multiplié hier entrevues et déplacements, à l'exception de Mme Royal qui a annulé sans explication sa participation à une émission radio, alors qu'elle est en baisse dans les sondages (22 à 26 % des intentions de vote) et que sa stratégie de campagne suscite des interrogations. Pour sa part, Nicolas Sarkozy, toujours en tête de la course (avec 26 à 32 % des intentions de vote), était à Tours dans la région des châteaux de la Loire. Le centriste François Bayrou s'est lui rendu dans l'ancien bassin minier du nord, notamment auprès des salariés d'une usine liquidée, et a affirmé sa volonté de ne pas «abandonner des Français à la désespérance».

Les candidats visent désormais à glaner le plus de suffrages possibles auprès des indécis, dont le nombre n'a jamais été aussi élevé à moins de deux semaines d'un scrutin présidentiel, selon les analystes: 18 millions d'électeurs hésitent, soit 42 %, d'après une enquête publiée dimanche. «Beaucoup se décideront au dernier moment», juge le politologue Roland Cayrol. «On est entré dans l'ère de l'électeur consommateur, zappeur», certains hésitent non plus entre deux candidats mais entre les trois principaux, de sensibilités différentes (Sarkozy, Royal et Bayrou), ce qui est un phénomène nouveau. Selon Roland Cayrol, désormais «tout événement significatif de campagne repris par les grands médias peut faire basculer le résultat».

Les propos tenus par Nicolas Sarkozy sur la pédophilie et le suicide des jeunes suscitent depuis plusieurs jours une nouvelle polémique. Dans une entrevue à un magazine, il s'est dit enclin à penser qu'on «naît pédophile» et que les jeunes suicidés ont une fragilité génétique, une vision déterministe qu'ont fustigée ses adversaires ainsi que les scientifiques et l'Église catholique.

Aux yeux des Français, c'est Nicolas Sarkozy qui fait la meilleure campagne: 65 % la jugeant solide, contre 45 % pour celle de François Bayrou, 34 % pour celle de Ségolène Royal et 30 % pour celle du leader d'extrême droite Jean-Marie Le Pen, selon un sondage publié hier.

La campagne de Nicolas Sarkozy est aussi jugée comme étant la plus précise, la plus moderne, comme proposant le plus d'idées nouvelles, et comme la plus crédible, loin devant celle de sa concurrente socialiste, qui pèche par manque de crédibilité.

Sarkozy et Bayrou sont vus comme les candidats les plus proches des préoccupations des électeurs, alors que seuls 46 % des Français estiment la campagne de Mme Royal proche des préoccupations des électeurs (49 % étant d'avis contraire).

Le discours sur l'ordre et l'autorité incarné par Nicolas Sarkozy collerait aux attentes actuelles des Français. Lundi, après la mort d'un policier tué par un manège dans une fête foraine, l'ex-ministre de l'Intérieur n'a d'ailleurs pas manqué de rendre un nouvel «hommage au travail des forces de l'ordre».

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