France - Le Pen courtise les voix des plus modestes

Paris — Le leader d'extrême droite, Jean-Marie Le Pen, a courtisé les Français les plus modestes lors de la «convention présidentielle» de son parti hier, leur promettant de stopper l'immigration et d'affranchir la France de l'Europe pour lutter contre l'appauvrissement. «La situation aujourd'hui est catastrophique» en France, a lancé devant quelque 2000 militants du Front national (FN) réunis à Lille celui qui, à 78 ans, espère se qualifier comme en 2002 pour le 2e tour de l'élection présidentielle d'avril-mai.

Interpellant «les petits, les obscurs, les sans-grade», «travailleurs pauvres» ou «retraités misérables», il a dénoncé un «capitalisme prédateur» et «l'appauvrissement général du pays», qui a «atteint le seuil de l'insupportable pour des millions de Français».

Fustigeant les frontières «passoires» et les politiques qui ont «détruit les protections légitimes des travailleurs français», il a évoqué «les retraités français qui ramassent les fruits et légumes du marché» pour se nourrir alors que les «immigrants illégaux jouent du chantage à l'enfant». Jean-Marie Le Pen a promis de «sauver la solidarité de demain en arrêtant l'immigration, devenue cause essentielle de l'appauvrissement généralisé».

Il avait provoqué un séisme en se qualifiant en 2002 pour le duel final avec Jacques Chirac. Avec près de 17 % des voix, Le Pen avait devancé au premier tour le socialiste Lionel Jospin. Polissant son image d'extrémiste, sous l'influence de sa fille Marine qui dirige sa campagne, il creuse aujourd'hui le filon de la mondialisation et se présente comme «le premier parti ouvrier de France», féru de social. Actuellement, M. Le Pen est crédité de 10 % à 14 % des intentions de vote (contre 17 % en décembre), quatrième de la course derrière les candidats de droite, de gauche et du centre, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou.

Le chef du FN, qui a déjà disputé quatre élections présidentielles, affirme pourtant n'être pas sûr de pouvoir s'aligner cette fois au départ, faute d'avoir réuni les 500 parrainages d'élus requis: il en aurait 480 et a encore dénoncé hier des «manoeuvres» d'intimidation de maires pour les dissuader de le soutenir.

Le candidat du FN a promis de libérer la France de «la camisole politique et fiscale de l'Europe de Bruxelles». Il a tapé sur «les Sarkozy, les Royal, les Bayrou» qui veulent «refourguer en douce l'Europe du oui» à la Constitution européenne et «sacrifier les produits français sur l'autel de l'Europe».

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