Le suspense de la présidentielle française est ravivé - Éclaircie pour Ségolène Royal; Sarkozy ouvre de nouveaux fronts

Ségolène Royal
Photo: Agence Reuters Ségolène Royal

Paris — Ségolène Royal qui remet les compteurs à zéro, François Bayrou qui vise les sommets: le suspense ravivé de la campagne présidentielle pousse le favori des sondages Nicolas Sarkozy à ouvrir de nouveaux fronts contre ses deux rivaux potentiels.

Le candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy dénonce maintenant la méthode empathique de la candidate socialiste car l'horizon de Ségolène Royal semble s'éclaircir après la publication d'un sondage la donnant à la hausse face à son rival de droite et une prestation télévisée qui a regonflé le moral de ses troupes.

Selon une enquête de l'institut CSA publiée hier, M. Sarkozy, donné vainqueur depuis la mi-janvier, reste en tête mais ne l'emporterait plus au second tour qu'avec 51 % des voix, contre 49 %. Dans un précédent sondage, il était crédité de 55 % d'intentions de vote, contre 45 % à Mme Royal.

Au premier tour, la candidate du Parti socialiste arriverait en première position avec 29 % (+2), devant Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et candidat de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), qui perd cinq points, à 28 %.

Cette enquête a été réalisée mardi au lendemain d'une émission de télévision où Mme Royal a battu des records d'audience: 8,9 millions de téléspectateurs, contre 8,2 millions pour M. Sarkozy deux semaines plus tôt.

Un autre sondage, publié hier, confirme une légère remontée de la socialiste face à M. Sarkozy, qui l'emporterait néanmoins par 52 % des voix, contre 48 %.

Lors de son émission télévisée, Mme Royal a décliné les 100 propositions de son «pacte présidentiel» tout en se voulant à l'écoute et en empathie avec les 100 Français choisis pour l'interroger sur son programme.

La prestation de la candidate a été perçue dans son entourage comme un tournant d'une campagne au cours de laquelle Mme Royal a été souvent accusée d'incompétence et d'amateurisme.

Revigorée, Ségolène Royal a relancé l'offensive non seulement contre Nicolas Sarkozy mais aussi contre le centriste François Bayrou, le «troisième homme» des sondages, qui capte des voix socialistes, en déclarant qu'il était bien de droite.

Lors d'un meeting à Rennes devant plus de 10 000 personnes, elle a critiqué ceux qui «se congratulent avant l'heure» et a fustigé «leur arrogance».

Optant pour la guerre des projets, Nicolas Sarkozy a détaillé hier dans le journal populaire Le Parisien les mesures clés qui, selon lui, marqueront ses 100 premiers jours à la présidence.

Le ministre-candidat propose notamment de mettre en oeuvre sans délai un «paquet fiscal» qui prévoirait l'exonération totale des charges sociales et fiscales sur les heures supplémentaires, la défiscalisation des intérêts d'emprunt pour l'achat d'un logement et la suppression des droits de succession pour 90 % des Français.

Au sujet de la prestation télévisée de Mme Royal, M. Sarkozy a déclaré «que la compassion n'est pas une politique et l'imprécision n'est pas une stratégie», l'accusant notamment d'incohérence sur des questions telles que les retraites ou la réduction de la dette publique.

Le Parti socialiste a tenté de contrer les critiques récurrentes sur le coût du programme de Mme Royal en le chiffrant hier à 35 milliards d'euros.

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