Neuf arrestations dans une opération antiterroriste en Angleterre

Certaines rues de Birmingham ont été fermées hier lors des perquisitions.
Photo: Agence Reuters Certaines rues de Birmingham ont été fermées hier lors des perquisitions.

La police britannique a arrêté hier neuf personnes au cours d'une vaste opération antiterroriste qui, selon les médias, a permis de déjouer un projet d'enlèvement et d'assassinat.

Les arrestations ont eu lieu en divers points de Birmingham, dans le centre de l'Angleterre, et les personnes interpellées sont soupçonnées d'avoir commandité, préparé ou encouragé des actes de terrorisme, a fait savoir la police.

Des perquisitions ont été menées à une douzaine d'adresses dans la deuxième ville de Grande-Bretagne, dont la population d'origine très diverse comprend une forte communauté musulmane. Huit suspects, appréhendés avant l'aube et placés en détention, ont été arrêtés dans huit maisons distinctes. La neuvième personne a été arrêtée sur une autoroute près de Birmingham.

De source policière, on indique que le complot présumé n'aurait peut-être pas causé un grand nombre de victimes mais qu'il relève d'une nouvelle tactique. Selon la presse, qui cite des sources non précisées, ses auteurs en étaient aux derniers stades de la planification.

L'idée, précise Sky TV, consistait à reproduire en Grande-Bretagne un enlèvement et une exécution par décapitation tels que la guérilla irakienne en commet et d'en diffuser les images sur Internet. Le Britannique Ken Bigley a trouvé la mort dans ces circonstances en 2004 en Irak, exécuté par Abou Moussab al-Zarqaoui en personne, alors chef de la branche irakienne d'al-Qaïda.

La cible présumée du complot était un militaire britannique de confession musulmane, a-t-on précisé de source proche du ministère de la Défense. Ni la police ni les autorités n'ont confirmé l'information.

«Les conjectures des médias sur les détails de cette affaire ne sont d'aucune aide et risquent de nuire à l'enquête ou à un futur procès», souligne dans un communiqué la police des West Midlands, ajoutant qu'aucune menace précise ne pèse sur la région.

Le gouvernement a précisé que les arrestations s'inscrivaient dans le cadre d'une opération menée à l'échelle nationale.

L'an dernier, le chef du MI5 (contre-espionnage) avait déclaré qu'une trentaine de complots de type terroriste faisaient l'objet d'investigations et que des agents de renseignement surveillaient environ 1600 suspects.

En août dernier, la police a dit avoir déjoué un complot présumé qui visait à faire exploser des avions assurant des vols entre la Grande-Bretagne et les États-Unis. Ses auteurs prévoyaient d'utiliser des explosifs liquides.

«Cela confirme sans doute que la Grande-Bretagne est particulièrement vulnérable aux attentats de type al-Qaïda en raison de ses liens historiques avec le Pakistan et de son importante communauté pakistanaise», a estimé Shane Brighton, expert en matière de terrorisme et membre du groupe de réflexion Chatham House. «L'idée est que le risque est plus élevé en Grande-Bretagne qu'ailleurs en Europe du fait des mouvements liés au Pakistan», a-t-il ajouté.