La police française arrête deux membres présumés de l'organisation armée - L'ETA revendique l'attentat mais confirme sa trêve

Madrid — L'organisation indépendantiste basque ETA a revendiqué hier l'attentat commis le 30 décembre à l'aéroport international Barajas de Madrid tout en assurant que le «cessez-le-feu permanent» qu'elle avait décrété en mars dernier demeurait bel et bien en vigueur.

La revendication a été formulée par le canal habituel utilisé par l'ETA, le journal nationaliste basque Gara.

«L'ETA affirme que le cessez-le-feu permanent mis en place le 24 mars 2006 tient toujours. Elle revendique l'attentat à Barajas», lit-on dans le communiqué adressé à Gara par le groupe armé.

Cet attentat, qui a fait deux morts dans un parking de l'aéroport, a conduit le gouvernement espagnol à déclarer que l'ETA avait fait «voler en éclats» le processus de paix qui se mettait progressivement en place. Il s'agit du premier attentat meurtrier depuis mai 2003.

L'ETA réaffirme dans son communiqué sa disposition en faveur d'un «processus démocratique en Euskal Herria [Grand Pays basque, composé du Pays basque espagnol, de la région autonome espagnole de Navarre et du Pays basque français] pour construire un nouveau cadre dans lequel soient reconnus les droits qui nous reviennent en tant que peuple», en l'occurrence le droit à l'autodétermination.

L'organisation armée reprend ainsi mot pour mot le contenu du communiqué par lequel elle avait annoncé le 22 mars un cessez-le-feu permanent afin de chercher une issue négociée à 38 années de lutte armée pour l'indépendance du Pays basque, qui se sont soldées par quelque 850 morts.

Lundi, Batasuna, parti politique nationaliste basque interdit par Madrid qui lui reproche ses liens avec l'ETA, a demandé à l'organisation armée de préserver sa trêve.

Depuis l'attentat de Madrid, la police a retrouvé au Pays basque au total 180 kilos d'explosifs, dont une partie pouvait servir à la fabrication de bombes ventouses, que l'ETA utilise régulièrement pour faire sauter des voitures.

La police française a par ailleurs arrêté hier matin deux membres présumés de l'ETA dans le sud de la France. Ce sont les premières arrestations depuis l'attentat de l'aéroport, mais on ignore pour l'instant dans quelle mesure elles sont liées ou non à cet événement.