OTS: Tabachnik est blanchi

Grenoble — Le chef d'orchestre franco-suisse Michel Tabachnik, poursuivi pour son rôle présumé dans la «tuerie-suicide» de seize membres de la secte de l'Ordre du temple solaire (OTS) en France en 1995, a été définitivement relaxé hier par la justice française.

Considéré comme l'un des responsables de l'Ordre, M. Tabachnik, 64 ans, était accusé d'avoir entraîné par ses textes ésotériques les membres de la secte dans une logique suicidaire.

Poursuivi pour «association de malfaiteurs», il a été relaxé par la Cour d'appel de Grenoble. En première instance en 2001, le musicien avait été relaxé une première fois, au bénéfice du doute.

Le chef d'orchestre n'était pas présent lors de la lecture de l'arrêt, mais il a fait connaître son soulagement dans un communiqué diffusé par ses agents.

«Il ne peut plus y avoir de recours. Cette décision met donc fin à un épisode judiciaire qui a duré trop longtemps», a affirmé de son côté l'avocat du chef d'orchestre, Me Francis Szpiner.

Bien que ce soit le parquet qui avait fait appel de la relaxe prononcée en première instance, l'avocat général Jean-Pierre Melendez n'avait demandé ni la condamnation ni la relaxe de Michel Tabachnik, ne se prononçant pas explicitement sur sa culpabilité ou son innocence.

Me Szpiner avait demandé la relaxe en expliquant que «les écrits de M. Tabachnik [étaient] un galimatias ésotérique».

Le 22 décembre 1995, dans une forêt du Vercors, les corps calcinés de 16 personnes tuées par balles avaient été découverts sur un bûcher. Parmi elles se trouvaient les trois enfants de deux couples d'adeptes, ainsi qu'Edith et Patrick Vuarnet, l'épouse et le fils cadet de l'ancien champion de ski français Jean Vuarnet.

Au total, entre octobre 1994 et décembre 1995, des «tueries-suicides» de membres de l'OTS ont fait 68 morts en Suisse, en France et au Canada, dont le gourou de la secte, Jo Di Mambro.