Lady Di: la police britannique écarte la thèse du complot

Londres — La police britannique a rejeté hier, à l'issue de trois années d'investigations, les rumeurs de complot sur la mort de la princesse Diana à Paris en 1997, affirmant qu'il s'agissait d'un «tragique accident» provoqué par la vitesse de sa voiture dans laquelle elle cherchait à fuir les paparazzis.

Au terme d'une minutieuse enquête qui aura duré trois ans et pour laquelle 300 témoins auront été interrogés, l'ancien patron de Scotland Yard, John Stevens, a jugé «sans fondement» les allégations de complot, notamment celles de Mohamed al-Fayed, père de Dodi al-Fayed, l'ami de Diana, mort avec elle dans l'accident.

«Il n'y avait aucun complot pour tuer un quelconque occupant de la voiture», a-t-il déclaré à l'unisson des conclusions des enquêteurs français.

«Il s'agissait d'un tragique accident», a-t-il ajouté, soulignant que le chauffeur Henri Paul, également tué dans le choc, avait 1,74 gramme d'alcool dans le sang et roulait à environ 100 km/h, soit deux fois la vitesse autorisée, pour tenter d'échapper aux photographes.

La voiture, a-t-il ajouté, n'avait pas été sabotée.

De la même façon, nous sommes «certains» n'avait pas du tout l'intention de se fiancer ou de se remarier, a déclaré John Stevens.

Il a reconnu que Dodi, qui fréquentait Diana depuis seulement un mois, avait acheté une bague quelques heures plus tôt chez un grand joaillier parisien mais, a-t-il dit, «nous pensons qu'elle ne l'a jamais vue».

«Le prince William m'a confirmé que sa mère ne lui avait pas donné la moindre indication» qu'elle voulait se fiancer, a-t-il dit, ajoutant que ceux qui avaient vu la princesse dans les heures précédant sa mort avaient été tout aussi «catégoriques».

Et il a également expliqué que Diana avait été embaumée «pour des raisons de présentation» et non pour cacher une grossesse.

Mais il a reconnu que l'enquête britannique, qui a coûté près de cinq millions d'euros et dont le rapport fait 800 pages, n'avait pas apporté toutes les réponses. Il a évoqué notamment la fameuse Fiat Uno blanche qui avait été vue sur les lieux du drame et qui n'a jamais été retrouvée.

Ces conclusions ont été qualifiées peu après de «foutaise» par Mohamed al-Fayed, toujours «sûr à 100 %» que son fils et Diana ont été assassinés par les services secrets britanniques sur ordre d'un «membre important» de la famille royale pour empêcher leur union.

Mohamed al-Fayed, milliardaire d'origine égyptienne, propriétaire du grand magasin Harrods à Londres où il a installé un sanctuaire à la mémoire de Diana et Dodi, est depuis toujours persuadé d'un complot. Il a en vain saisi la justice en France, en Écosse et en Angleterre.